Des professionnels de la santé à Aïn Defla ont souligné l’importance du port du masque dans la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19), observant que le recours à ce moyen de protection constitue un signe de civisme et de respect d’autrui. Même si, dans l’ensemble, une stabilisation de la situation sanitaire inhérente à la propagation du redoutable virus a été notée, la vigilance doit être de mise pour contrecarrer une éventuelle deuxième vague de la pandémie, ont-ils recommandé, appelant à l’adhésion de la population à cette démarche salutaire. «En dépit d’un certain nombre d’indicateurs épidémiologiques attestant d’une baisse de la virulence du virus, il n’en demeure pas moins que l’observation des gestes barrières, dont le port de la bavette, doit constituer un réflexe pour la population», soutient d’emblée le Dr Belabassi Omar, spécialiste des maladies respiratoires et allergiques au sein de l’Etablissement Public Hospitalier (EPH) de Aïn Defla. Tout en relevant que la contamination de l’entourage immédiat du porteur du masque est significativement restreinte, ce spécialiste, également responsable du service de mise en quarantaine des malades présentant des symptômes du nouveau coronavirus, a noté que même dans le cas où il n’y aurait pas de décès, le port du masque permet d’éviter les longs séjours à l’hôpital à la faveur de l’accomplissement de ce geste préventif. «L’importance des bavettes dans la prévention des maladies transmissibles par le biais de l’appareil respiratoire et des gouttelettes respiratoires affectant particulièrement les poumons est indéniable particulièrement dans le cas où le Covid-19 touchent des personnes atteintes de maladies chroniques», a-t-il soutenu. Il a expliqué dans ce contexte qu’en recourant à la bavette, la personne atteinte de Covid-19 peut diminuer jusqu’à 60 % des risques de contamination d’autrui même si celui qui est en face d’elle n’en porte pas. «Si les deux personnes qui sont l’un face à l’autre portent toutes les deux une bavette, ce risque de contamination peut être diminué de 90 % même dans le cas où l’une d’entre elles est atteinte de Covid-19», a-t-il fait savoir, observant que le risque est diminué de 35 % dans le cas d’une personne atteinte de Covid, ne portant pas de masque, se trouvant, à quelque endroit que ce soit, face à une personne qui en porte. Pour lui, «le virus est là, aux aguêts, prêt à passer à l’action à n’importe quel moment pour peu que les conditions lui soient favorables», a-t-il averti, observant que dès lors que la prévention contre le nouveau coronavirus est «un tout indissociable», le respect des autres gestes barrières, à l’instar de la distanciation sociale et du lavage des mains, ne doit nullement être négligé.
Port du masque, un acte de civisme révélateur du respect d’autrui
Indépendamment du volet purement préventif, le port d’un masque de protection est un acte de civisme révélateur du respect d’autrui, soutient le Dr Belabassi. «Si l’on est malade ou potentiellement malade, le fait de porter un masque pour ne pas infecter les personnes que l’on croise dans la rue est à la fois un geste de protection et de civisme», a-t-il insisté. Il a, dans ce cadre, observé que dans nombre de pays asiatiques, des citoyens, même atteints d’une grippe saisonnière, s’empressent de mettre une bavette avant de sortir dans la rue, conscients qu’ils sont que cette pathologie d’essence virale est susceptible d’être transmise à leur entourage. «Le porteur d’un masque est loin d’être une personne égoïste, bien au contraire, elle pense aux autres et si elle recourt à ce moyen de protection, ce n’est pas parce qu’il a peur des amendes à payer en cas de réticence, c’est à la limite (en filigrane) une invitation faite aux gens pour qu’ils en portent», a-t-il estimé. Abordant certains désagréments susceptibles d’être associés au port du masque, il a soutenu que ceux-ci disparaîtront à mesure que le porteur de ce moyen de protection s’y habitue. «Certes, le port du masque peut, parfois, occasionner des désagréments tels les gênes respiratoires et les irritations mais cela ne vaut absolument rien à côté du risque de s’infecter ou d’infecter autrui», a-t-il souligné, observant que les éventuelles contraintes liées au port du masque disparaitront, au fur et à mesure que le temps passe. S’attardant sur la sensation de chaleur ressentie par le port du masque laquelle est exacerbée par l’arrivée de l’été, il a conseillé de ne pas en porter un qui soit trop serré. Il a, également, mis en avant l’importance de la consommation d’eau de manière régulière et l’humidification du visage en faisant attention à ne pas mouiller le masque pour, a-t-il insisté, «ne pas lui faire perdre ses propriétés protectrices et bienfaitrices». Le spécialiste a toutefois noté que certaines mauvaises manières de porter le masque le rendent contre-productif, exacerbant des sensations de désagréments. «En sus du danger que représente le port du masque de manière incorrecte, lui faisant perdre son efficacité (perméabilité au virus), cet état de fait contribue à exacerber les sensations évoquées antérieurement, d’où la nécessité de se conformer aux conseils des professionnels à ce sujet», a-t-il recommandé. Le directeur de l’EPH de Aïn Defla, Habbiche Bouabdellah a, de son côté, dénoncé les comportements faisant fi des mesures de précaution, mettant l’accent sur la nécessité de l’adhésion de tous pour une rapide levée du confinement sanitaire. «Des citoyens continuent malheureusement de fouler aux pieds les mesures de distanciation sociale et de port de masque en dépit des intenses campagnes de sensibilisation menées avec beaucoup de pédagogie par le personnel de la santé et le mouvement associatif au sujet de la nécessité d’adopter ces gestes barrières», a-t-il regretté. Lui emboîtant le pas, le directeur de la santé et de la population (DSP) de Aïn Defla, Dr Hadj SadokZoheir, lui-même victime du redoutable virus (dont il en a guéri) au tout début de la pandémie, a soutenu que le port du masque contribue, dans une large mesure, à casser la chaîne de contamination, permettant au personnel de la santé, mis à rude épreuve depuis quatre mois, de «souffler». «La généralisation du port de la bavette à grande échelle permettra, à très court terme, de désengorger les structures de santé chargées de la prise en charge des malades atteints de Covid-19», a-t-il assuré, regrettant que par négligence ou par esprit rebelle, les mesures barrières les plus élémentaires dans la lutte contre cette pandémie, ne sont pas respectées.(APS)