L’heure du bilan a sonné pour le gouvernement Aïmene Benabderrahmane. Le Premier ministre sera attendu, aujourd’hui, à l’Assemblée populaire nationale (APN) où il devra présenter la Déclaration de politique générale du gouvernement. C’est ce qu’on peut lire en tout cas dans un communiqué diffusé, hier, par la chambre basse du Parlement.

Par Hakim Ould Mohamed
«L’APN reprendra ses travaux, lundi 3 octobre 2022 à 09h00, en séance plénière consacrée à la présentation de la Déclaration de politique générale du Gouvernement par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane. Juste après sa présentation, les députés entameront les débats autour de cette Déclaration. A l’issue des interventions lors du débat général, le Premier ministre répondra aux interrogations soulevées par les députés», lit-on dans le communiqué de l’Assemblée.
C’est une rentrée des dossiers chauds pour les membres de la chambre basse du Parlement qui reprennent ainsi la saison avec, au menu, le plan d’action du gouvernement, en attendant le budget de 2023 qui s’annonce lui aussi difficile compte tenu des engagements sociaux de l’Exécutif, alors que les cours du pétrole semblent évoluer en dents de scie depuis maintenant quelques semaines.
Les députés attendent des annonces plutôt concrètes de la part du Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane sur les mécanismes de soutien au pouvoir d’achat des ménages, à l’heure où l’inflation flirte dangereusement avec les deux chiffres. L’Exécutif s’est contenté de se mobiliser sur le front du pouvoir d’achat avec, comme promesses, de nouvelles revalorisation des salaires et des retraites et une hausse de l’allocation chômage instituée il y a moins d’une année seulement.
Cet engagement du chef de l’Etat devra se traduire, selon lui, par des mesures qui devraient être incluses dans la loi de finances 2023. Les fonctionnaires et les travailleurs du secteur privé, les retraités et les chômeurs sont, depuis, restés sur leur faim, en l’absence de mesures concrètes et de détails de ce nouveau plan d’action en faveur du pouvoir d’achat.
Le précédent plan, contenu lui aussi dans la loi budgétaire de l’actuel exercice portait essentiellement sur la révision de la grille indiciaire des salaires des fonctionnaires, le réaménagement du barème de l’impôt sur le revenu global (IRG), ainsi que l’institution de l’allocation chômage. Ces mesures se sont révélées vite insuffisantes compte tenu de la cadence avec laquelle évolue la hausse des prix à la consommation, dont l’indice ONS a atteint 9,4% au mois de juillet dernier.
Quid des réformes ?
Il ne faut pas en rester là. Il y a une urgence flagrante sur les questions sociales et de pouvoir d’achat. Le chômage, affectant plus particulièrement les catégories jeunes, se veut également un impératif social, mais également économique, car étroitement lié à la reprise de l’activité économique. En témoignent les statistiques en matière de souscription à l’allocation chômage, faisant état de 1,8 million d’inscriptions à fin août dernier. Au chapitre de la croissance, le gouvernement Benabderrahmane défend une action plutôt efficace, permettant à l’économie de reprendre «après une baisse significative enregistrée en 2020 du fait de la pandémie de la Covid-19», lit-on dans la Déclaration de politique générale du gouvernement. Selon le document, le gouvernement fait constater qu’en matière de relance économique, les principales mesures ont porté sur le renforcement des leviers de croissance, le développement des secteurs stratégiques, la valorisation de la production nationale, le développement des infrastructures d’appui, le renforcement de l’économie de la connaissance et l’accélération de la transition numérique. Pour étayer ces réalisations, le gouvernement met en relief les chiffres en matière d’exportation hors hydrocarbures qui ont connu une augmentation de 87 % en passant de 2,09 milliard de dollars à fin juillet 2021 à 3,91 milliards USD à fin juillet 2022. Après avoir remis la croissance sur les rails, le gouvernement doit aller plus loin en accélérant dans les réformes économiques et budgétaires afin de renforcer la résilience de l’économie face aux chocs externes.
Réforme fiscale, révision du dispositif des subventions généralisées, réforme du secteur public marchand, réforme du secteur bancaire et financier, ouverture des secteurs bancaire et du transport aérien et maritime à l’investissement privé… autant de dossiers sur lesquels le gouvernement doit redoubler d’effort afin de faire aboutir les réformes promises. Sur ces questions, Aïmene Benabderrahmane n’a pas encore fourni un état des lieux, encore moins un taux d’avancement des chantiers. La plénière qui sera dédiée, aujourd’hui, à la présentation de la Déclaration de politique générale est l’occasion idoine pour éclairer l’opinion publique sur les différents chantiers mis en branle.
Il y a eu, certes, l’urgence de faire repartir la croissance afin de panser les stigmates économiques et sociaux de la pandémie, mais la conjoncture actuelle serait plutôt favorable pour accélérer la cadence des réformes. <