Comme attendu, les aides-soignants, qui ont effectué leur formation dans des écoles privées, ont tenu hier des rassemblements devant les directions de la santé publique pour faire entendre leurs revendications professionnelles. Cette action fait écho à l’appel lancé le 11 juillet en cours par la Commission nationale des aides-soignants, qui met en évidence dans sa plate-forme de revendications notamment le point lié au « droit à l’emploi ».
Ces sit-in ont été décidés, selon la même source, après avoir pris note de l’attitude de la tutelle qui a préféré la logique de « l’atermoiement » au lieu de « répondre favorablement aux revendications que nous avons soulevées », souligne l’organisation des aides-soignants qui est montée au créneau ces derniers mois.
Ces derniers, sortis des écoles privées de formation paramédicale, se sont mobilisés devant les sièges de DSP de Tiaret, Msila, Djelfa, Skikda, Oran, Tébessa, Annaba et Souk Ahras afin d’exiger des emplois et l’application de la dérogation de la promotion de 2019.
Selon le syndicat, l’affluence des aides-soignants a été différente d’une wilaya à une autre, en fonction, du degré de mobilisation. Les protestataires ont brandi des pancartes appelant à l’application de la dérogation de la promotion de 2019 et l’ouverture de postes budgétaires pour les diplômés des écoles privées, au même titre que ceux du public.
Dans les wilayas de Tiaret et de Ouargla, les protestataires ont été reçus par les directeurs de santé publique des deux wilayas, tout en leur promettant de saisir et d’intervenir auprès du ministère car le secteur de la santé a besoin des aides-soignants. A Mascara, les protestataires déplorent que la wilaya se « dotera » prochainement de trois établissements de santé, mais les promotions de 2016 sont toujours sans emploi.
Ces mouvements, selon l’organisation syndicale, sont un « message sérieux » à la tutelle, car le recours à la protestation est la suite logique à l’absence de réponse. Les sortants des écoles privées de formation paramédicale avaient, en effet, envoyé des courriers au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière les 19 février et 22 juin derniers contenant une plateforme de revendications, mais qui sont restés « sans suite ».
Le 11 juillet dernier, la tutelle, le Premier ministère et la direction de la Fonction publique ont été destinataires d’un courrier lui annonçant l’action d’aujourd’hui. Or, la commission accuse « la tutelle de poursuivre sa politique de fuite en avant et de ne pas prendre en considération les revendications légitimes qu’a soulevées le syndicat ».
Certains protestataires ont répondu par la négative à l’appel de volontariat lancé par la tutelle et les DSP au personnel soignant souhaitant se porter volontaire, afin de venir en aide à celui du public, en proie à l’épuisement après quatre mois de lutte contre la Covid-19. « Non au volontariat », ont brandi quelques protestataires.
Le syndicat, qui n’a pas fait le bilan du mouvement, étudiera la réaction de la tutelle par rapport aux revendications et décidera prochainement des actions à entreprendre en cas d’absence de réponse.
Pour rappel, le syndicat demande l’ouverture des postes budgétaires, d’inclure les sortants des écoles privées en parallèle avec ceux des écoles publiques dans la stratégie d’emploi du ministère de la Santé. Les aides-soignants exigent également « d’abroger le système de dérogation » pour les sortants des écoles privées, car « il n’est pas cité dans le Journal Officiel ».