Cela fait plus de trois mois que les petits métiers et les artisans, dont les activités ont été ou sont toujours à l’arrêt en raison de la crise sanitaire, réclament un soutien concret de la part de l’Etat. Ce dernier a fini par répondre à leur requête par l’instauration de certaines mesures en leur faveur lors du dernier Conseil des ministres. Le chef de l’Etat, rappelle-t-on, a donné des instructions fermes à son Premier ministre pour le gel du paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales dues par les opérateurs économiques pour la période correspondant à celle du confinement, pour l’évaluation rigoureuse des préjudices subis et des manques à gagner enregistrés par les PME, en particulier, et les petits métiers et, enfin, pour l’allocation d’une aide financière destinée à ces derniers (taxieurs, coiffeurs, etc.) d’une valeur de 30 000 dinars, pendant une période de 3 mois et dont les détails seront fournis dans un décret exécutif.
Mais alors que l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (Ancca) approuve entièrement ces mesures, assurant même qu’elles constituent l’essentiel de leurs revendications depuis l’avènement de la crise sanitaire, l’Union algérienne des commerçants et artisans algériens (UGCAA) émet quelques réserves et ne semble pas tellement approuver la décision de l’octroi des aides financières de 30 000 DA, et ce, pour deux raisons. «Tout d’abord, la priorité doit être donnée à la santé publique. Le coronavirus est toujours là et nous aurions préféré que ces aides financières renforcent les capacités des structures hospitalières dans la lutte contre le coronavirus au lieu de les donner aux commerçants. Ensuite, ces aides vont causer un creux important dans les ressources financières de l’Etat, déjà mal en point. Nous traversons un déficit financier assez grave que nous avons le devoir d’alléger et non de renforcer», estime Hezab Ben Chahra, le secrétaire général de l’UGCAA.
Pour lui, ces aides financières ne vont pas résoudre les problèmes des commerçants qui sont à l’arrêt. «La solution, c’est qu’ils soient rouverts. Ainsi, cela leur permettra de reprendre leurs activités sans peser sur l’Etat. A condition évidemment que des mesures de prévention contre le virus spécifiques à chaque activité soient établies. La réouverture de ces commerces doit être accompagnée de sanctions plus rigoureuses dans le cas où les commerçants et les petits métiers ne respectent pas ces mesures», dit-il.
Selon le président de l’ANCAA, Hadj-Tahar Boulenouar, ces dernières mesures prises lors du Conseil des ministres préparent en quelque sorte le terrain pour la reprise des autres activités commerciales restées à l’arrêt. «Nous pensons que les commerces fermés, les cafés et salons de thé notamment, seront rouverts après la fête de l’Aïd el Adha. Nous pensons aussi que les aides seront plus ciblées quand l’évaluation des préjudices causés par la crise sanitaire sera finalisée. D’ailleurs, cette évaluation nécessite la mise en place de commissions mixtes, sous la tutelle des directions du commerce de chaque wilaya, afin de pouvoir évaluer dans la transparence le préjudice de chaque commerçant, souligne-t-il, en approuvant, par ailleurs, le gel des impôts durant la période où les activités commerciales étaient ou sont toujours à l’arrêt. <