Les Syndicats du secteur de la santé saluent la décision du gouvernement, samedi dernier, d’octroyer dans le cadre de la lutte contre le coronavirus des aides financières pour compenser les dépenses des particuliers pour les examens de scanner et autres tests PCR et antigéniques. Cependant, ils souhaitent que l’Exécutif aille plus loin en permettant le remboursement par la CNAS des patients contaminés…

Ainsi, suite aux nombreux appels lancés, ces dernières semaines, par plusieurs syndicats de la santé et les citoyens, à un soutien de l’Etat pour les prix des tests de diagnostics de la contamination à la Covid-19, le gouvernement a annoncé, samedi 5 décembre, l’octroi d’aides financières aux citoyens dans les frais engagés pour ce type d’examen.
Dans un communiqué des services du Premier ministère, il est précisé que cette décision a été prise suite à un Conseil interministériel présidé par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, consacré à l’examen des conditions et modalités d’amélioration des remboursements des prestations médicales relatives à la Covid-19, auquel ont participé les ministres de l’Intérieur, des Finances, de la Solidarité nationale, du Commerce, de la Santé, du Travail et de l’Industrie pharmaceutique.
A cet effet, le Premier ministre a rappelé les orientations du Président de la République quant «à la nécessité d’apporter tout le soutien et l’assistance aux citoyens, notamment en ces moments difficiles caractérisés par la crise sanitaire liée au coronavirus et qui a fortement impacté toute la population, en particulier les plus démunis».
Dès lors, le montant de ces aides financières s’élève à 5 000 DA pour les frais engagés au titre de l’examen du scanner thoracique Covid-19, de 3 500 DA pour les frais engagés au titre du test RT- PCR Covid-19 et de 1 500 DA pour les frais engagés au titre du test rapide antigénique Covid-19.
Quant à la date de l’entrée en vigueur de cette aide financière, elle est fixée au 1er janvier 2021, pour une durée de six mois, renouvelable en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique.
Suite à cette annonce, Dr Belkacem, vice-président du Syndicat algérien des laboratoires d’analyses médicales (Salam), estime qu’«on ne peut que se féliciter de cette décision car tout ce qui peut alléger la bourse des citoyens et les aider est le bienvenu».
Pour sa part, le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), Dr Lyes Merabet, souligne tout d’abord que «cette aide annoncée par le gouvernement est une bonne chose qui répond à un besoin pressant». Précisant que «c’est un élément important dans le plan de lutte contre l’épidémie parce que le fait de prendre en charge le dépistage, on pousse les gens à aller le faire. Cela permet d’apporter des réponses aux professionnels de la santé qui veulent rapidement dépister autour des cas avérés les cas suspects et procéder justement à d’autres mesures comme celles de confinement à la maison ou la mise sous traitement».
Quant à Youcef Boudejal, secrétaire général du Syndicat autonome des biologistes de santé publique, il déclare que «cette aide représente près de 50 %, c’est une aide conséquente que l’on salue. Mais la question qui se pose aujourd’hui est quels sont les mécanismes pour son application ? Pour le moment, nous n’avons aucune information à ce sujet». Il précise que l’«on ne sait pas encore si cela se fera avec la Cnas à travers des conventions avec les laboratoires, les cliniques ou les radiologues». Ajoutant «est-ce que cela est applicable ou non sur le terrain ? Car il y a eu de nombreuses décisions qui ont été annoncées, mais dont l’application sur le terrain s’est avérée difficile».

Appel pour le remboursements des tests via la Cnas
A propos du montant de cette aide financière, le vice-président de Salam estime que même si cette aide ne peut pas couvrir la totalité des frais de ces tests, c’est déjà un grand acquis pour les citoyens. Tout en estimant que «l’idéal est le remboursement par les caisses d’assurance maladie. Cela n’est pas pour tout de suite, mais espérons que cela va se faire même après la Covid». Il souhaite que cela s’inscrive dans le temps, argumentant que «les citoyens cotisent et donc ils ont le droit de se faire rembourser».
Concernant les mécanismes de la mise en place de cette aide, Dr Belkacem nous confie qu’à l’heure actuelle, ils n’ont pas de détails à ce sujet. Il tient à souligner que «nous n’avons pas été associés à cette prise de décision d’aide financière et nous l’avons appris comme tout le monde par les canaux d’informations».
Toutefois, il nous révèle à propos de la baisse des prix des tests PCR, qu’une réunion a été organisée, jeudi dernier, avec le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, et les représentants des laboratoires et des praticiens privés, principalement axée sur les prix des tests PCR.
Le vice-président de Salam nous souligne que le ministre de la Santé a demandé aux laboratoires de faire un effort pour baisser les prix des tests PCR. Il ajoute que les représentants des syndicats de laboratoire ont présenté au ministre un document sur la structure du prix de ces tests PCR où il s’est dégagé que les laboratoires avaient une marge net bénéficiaire oscillant entre 10 et 12% du tarif pratiqué. Ainsi, le constat est que «même si les laboratoires suppriment complètement leurs marges bénéficiaires, la moyenne des prix continuerait à avoisiner les 10 000 DA pour les tests PCR».
Dr Belkacem souligne que «même si les laboratoires sont prêts à supprimer leur marge bénéficiaire, et certains le font déjà dans l’esprit de la solidarité nationale, il faudrait que les gens comprennent que ce prix de 10 000 DA est le prix coûtant des tests PCR».
Il ajoute que lors de la réunion de jeudi dernier, les représentants des laboratoires ont expliqué au ministre de la Santé que pour baisser les prix il faut intervenir à plusieurs niveaux, que ce soit au niveau des prix des réactifs et de la TVA à travers l’exonération des impôts, ainsi que d’autres mécanismes en amont ainsi que l’implication des caisses de sécurité sociale comme la Cnas ou la Casnos dans le remboursement de ces tests.
Pour rappel, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmad, avait assuré avant-hier, dans une déclaration à l’APS, que les tests PCR et antigéniques, destinés au dépistage de la Covid-19, seront bientôt disponibles à des prix raisonnables grâce à leur production locale. Le ministre avait souligné que certains laboratoires ont récemment baissé le prix des PCR à 9 000 dinars. Sachant que ces tests sont généralement disponibles à des tarifs allant de 12 000 à 17 000 DA.
Par ailleurs, sur la question des remboursements par les caisses d’assurance maladies, le président du SNPSP, Lyes Merabet, souligne que «même si les mesures d’aides annoncées par le Premier ministre sont à saluer, reste le problème des remboursements des assurés qui sont toujours aux abonnés absents de cette crise sanitaire majeure. On ne comprend pas pourquoi on est en train de fonctionner comme ça en pleine crise sanitaire ?»
Finalement, le président du SNPSP estime que les caisses d’assurances maladies devraient accompagner ces mesures, «à travers le remboursement à 100% au moins pour les assurés sociaux et leurs ayants droit». n