De nombreux cafetiers et restaurateurs n’ont pas, à ce jour, perçu les indemnités de 10 000 DA par mois décidées par le gouvernement et rendues effectives en mai dernier pour leur venir en aide suite à l’arrêt de leurs activités dans le cadre des mesures prises pour lutter contre la Covid-19. Ce serait dû, selon le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (Ancaa) El Hadj Tahar Boulenouar au fait qu’on leur a demandé de fournir une attestation de mise à jour de paiement des cotisations de l’affiliation à la Caisse nationale d’assurance des salariés et non-salariés (Casnos) pour pouvoir bénéficier de l’aide financière de l’Etat. Le président de l’Ancaa, contacté par Reporters pour en savoir plus, se dit étonné de cette condition car pour lui les concernés ont vécu les pires difficultés financières provoqués par leur manque de revenu et du coup il qualifie cette condition «d’aberrante». Ajoutant dans ce sens : «Certes des cafetiers et des restaurateurs ne se sont pas acquittés de leur versement à la Casnos, compte tenu qu’ils sont restés sans activités pendant plus de quatre mois. A partir de là, il aurait été plus légitime de fixer un échéancier de paiement des cotisations dès lors où les concernés s’engagent à s’acquitter de leur retard de cotisation. Et en parallèle leur délivrer l’attestation de mise à jour avec la Casnos». Pour l’heure, le président de l’Ancaa fait savoir que les cafetiers et restaurateurs appellent le gouvernement à lever la condition d’éligibilité à indemnisation. Sur ce dernier point, il importe de souligner que les taxieurs sont logés à la même enseigne, c’est-à-dire que cette catégorie professionnelle est soumise elle aussi à la condition de mettre à jour ses cotisations à la Casnos. Mais ces derniers se disent prêts à se faire entendre pour lever ladite condition d’octroi de l’aide financière de l’Etat. Toujours à propos d’indemnisation, il y a lieu de rappeler que 50 000 cafés et restaurants menaçaient de déclarer faillite suite aux mesures de confinement. Devant cette conjoncture, le gouvernement a jugé utile de venir en aide à ces deux catégories professionnelles durement impactées par les mesures de confinement. En effet, note le président de l’Ancaa, plus de 90 % des intervenants dans ces deux secteurs d’activité louent les locaux pour travailler à hauteur de 100 000 DA par mois et plus. «Cela donne une idée sur le niveau du préjudice qu’ils ont subi», lâche El Hadj Tahar Boulenouar. Comme il faut indiquer dans la foulée que de nombreux restaurateurs et cafetiers après les pertes financières considérables enregistrées ont décidé de jeter l’éponge, voire de changer carrément de métier.
Cela dit, le président de l’Ancaa estime qu’il y a urgence à trouver une solution à l’appel des cafetiers et restaurateurs qui n’ont pas pu fournir le quitus. «Il nous incombe de voler à leur secours», a-t-il enfin avancé, non sans conclure «la balle est dans le camp du gouvernement».