Malgré toutes ces mesures reconduites pour tenter d’endiguer un tant soit peu la propagation du coronavirus, les professionnels de la santé continuent de réitérer, eux aussi, leur appréhension, voire leur «hantise» quant à une éventuelle recrudescence ou même «flambée» des cas de Covid-19 après l’Aïd El Adha. Ce qui s’est passé juste après l’Aïd El Fitr est encore vivace dans les mémoires et la peur de voir le même scénario réédité n’est pas pour rassurer aussi bien les personnels du secteur sanitaire qu’une bonne partie de la population soucieuse de préserver sa santé.
C’est le cas du Dr Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), qui estime que durant les jours de l’Aïd El Adha, «il faudra interdire la circulation des personnes et, bien sûr, insister sur le respect des mesures d’hygiène et proscrire les visites familiales», rappelant que «durant l’Aïd El Fitr, beaucoup sont allés à l’encontre des décisions prises et les effets n’ont d’ailleurs pas tardé à se manifester avec la recrudescence des cas de Covid-19». Il se dit même favorable à l’option d’un «confinement total» durant les deux jours de l’Aïd El Adha.
La même inquiétude est exprimée par Dr Mohamed Yousfi, chef de service infectiologie à l’EPH de Boufarik et président du Syndicat nationale des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP). «Le confinement n’est pas suffisant», dit-il, soulignant que «le confinement total est un passage obligatoire à un certain moment de l’épidémie». Il recommande néanmoins qu’«il faut continuer à déconfiner tout en veillant à l’application des mesures barrières avec le recours à la force publique». Pour lui, «c’est la solution pérenne car elle permet de ne pas avoir des répercussions sociales et économiques».