La dépouille d’Ahmed Boukhari, représentant permanent du Front Polisario aux Nations unies, décédé mardi dernier à la suite d’une longue maladie, arrive aujourd’hui à l’aéroport d’Alger Houari-Boumediène avant qu’elle ne soit transférée à Smara,

dans les camps de réfugiés sahraouis, à Tindouf. Ahmed Boukhari souffrait d’un cancer pour lequel il suivait un traitement intensif depuis plusieurs mois. Il disparaît à l’âge de 64 ans, et laisse derrière lui un long parcours de militant de la cause sahraouie qu’il a commencée en tant que représentant en Espagne, en Amérique latine puis en tant que négociateur depuis l’accord de cessez-le-feu conclu en 1991 sous la houlette de l’ONU. Jusqu’à sa disparition, cet ancien avocat, qui a fait ses études universitaires en Espagne, était le numéro 2 de la diplomatie sahraouie derrière le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, et travaillait en tandem avec M’hamed Khaddad, interlocuteur du Polisario auprès de la Minurso. Sa dernière action a été d’adresser un courrier au président du Conseil de sécurité, le Péruvien Gustavo Meza-Cuadra, récusant « les accusations marocaines d’incursions du Polisario » dans les zones sahariennes dirigées par l’organisation onusienne, notamment à Guerguerat. Avant sa mort, il avait qualifié ces accusations « d’allégations dénuées de tout fondement ». La disparition d’Ahmed Boukhari survient quelques jours après que le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres ait remis, le 29 mars dernier, son premier rapport annuel au Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation au Sahara occidental. La commission nationale sahraouie chargée des funérailles a indiqué, hier, dans un communiqué, qu’elle a tenu sa « première réunion au siège de la présidence de la Rasd pour évaluer les préparatifs nécessaires pour l’accueil de la dépouille du martyr Boukhari Ahmed et recevoir les messages de condoléances exprimées par les Parlements, les partis politiques, les syndicats, des personnalités internationales et le mouvement de solidarité avec la cause nationale ». Elle a annoncé « l’organisation d’un hommage posthume, auquel assisteront toutes les entités nationales ». « Par sa mort, le peuple sahraoui aura perdu l’un de ses hommes qui ont sacrifié leur vie pour servir la cause nationale », a indiqué la présidence sahraouie dans un communiqué à la suite de l’annonce de la disparition d’Ahmed Boukhari. « Le défunt a accompli sa mission avec patience et persévérance jusqu’au dernier souffle », lit-on dans le même communiqué. Un deuil national de sept jours a été décrété à partir de mercredi dernier.