Confortés par l’instruction du gouvernement d’accélérer les procédures de dédouanement des matières premières, entrant dans la production de denrées alimentaires de large consommation, les industriels de l’agroalimentaire se disent ainsi en mesure de répondre à la subite et importante demande du marché, provoquée par les besoins des consommateurs de se ravitailler en quantité suite à l’épidémie due au coronavirus.

Les quelques responsables de la production au sein des entreprises du secteur de l’agroalimentaire, et non des moindres, en raison de leurs parts de marché dans leurs secteurs respectifs, contactés hier par Reporters se rejoignent dans la perspective de ne pas réduire leurs productions respectives « même sous la contrainte de voir une partie de leur personnel technique et manutentionnaire ne pas rejoindre leurs postes de travail, comme le recommande le gouvernement leur dictant de libérer au moins 50% de leur personnel », nous ont-ils témoigné à l’unanimité. Un défi qu’ils comptent relever à partir du moment où c’est dans ce secteur économique aussi vital que la mise en congé obligatoire d’au moins la moitié du personnel va certainement se ressentir. En dépit de ces nouvelles conditions de travail, nos interlocuteurs nous ont affirmé qu’ils vont tenir leurs engagements d’approvisionner le marché de façon continue et en quantité. «En instaurant sur chacune de leur ligne de production de nouveaux plannings de travail afin de ne pas réduire les volumes de production même avec un effectif réduit », nous ont-ils expliqué. Il y a lieu de savoir au passage que l’industrie nationale de l’agroalimentaire occupe, selon les dernières statistiques, 24% de la population active en Algérie soit près de 1, 8 million de personnes employées dans 23 000 entreprises dont 300 relevant du secteur public. Et donc on peut déduire que c’est dans ce secteur que la décision de libérer autant de personnel aurait un impact négatif sur la production n’était la volonté des patrons des unités de s’adapter à la situation. A la question de savoir pourquoi le marché a enregistré une tension sur la seule semoule, selon nos interlocuteurs, cela est dû à deux raisons. « La première réside dans le fait que c’est une denrée très prisée chez les ménages, et le besoin de se ravitailler en quantité importante et très rapidement a conduit à une tension sur le produit. La deuxième est la spéculation sur la semoule mise en route par des détaillants et des grossistes peu scrupuleux ». Comme ils nous ont expliqué qu’« en retirant du marché des quantités importantes de semoule, comme en témoignent les rapports de la gendarmerie faisant état de saisies importantes de semoule, circulant sans raison apparente, cela a créé une sérieuse tension sur le produit, voire même son existence, sur les étals des points de ventes ». Toujours à propos de la tension sur des produits alimentaires de large consommation, on apprendra que la spéculation peut être jugulée pour peu que le circuit de la distribution se modernise. Il y a lieu de savoir dans ce sens que de grandes entreprises de l’IAA gèrent elles-mêmes leurs réseaux de distribution. Et ainsi, elles ont coupé l’herbe sous les pieds des spéculateurs. Mais toujours est-il qu’avec la dernière frénésie d’achat en quantité par une grande partie de la population, le réseau de distribution en place s’est retrouvé dépassé. « Les producteurs, d’un commun accord avec les grossistes, se sont concertés et ont décidé que le réseau de distribution ne soit plus perturbé quel que soit le niveau élevé de la demande ».<