Une rencontre au siège de la Confédération algérienne du patronat (CAP), hier mercredi à Alger, a regroupé la section nationale des conserveries et de la transformation des produits agricoles (SNCTPA) et la Confédération algérienne du patronat (CAP), durant laquelle il a été débattu des problèmes de l’industrie agroalimentaire, notamment la filière de la tomate industrielle.
Le président de ladite confédération, Boualem M’rakach, a dressé un bilan alarmant sur la filière de la tomate industrielle, évoquant les problèmes auxquels font face les producteurs, entre autres l’absence d’usines de transformation et même celles existantes ont cessé leur activité. Une situation qui a contraint 2 500 agriculteurs à arrêter la production de la tomate industrielle et laissé
12 000 familles dans la précarité.
« Les usines de capacité de transformation de 60 000 tonnes de tomate pourraient satisfaire 70% des besoins nationaux en tomate industrielle », a-t-on estimé. Selon les professionnels de la filière tomate industrielle, il est temps de donner la priorité à la relance de la filière pour l’organiser et augmenter ses capacités de production. D’après le président du Conseil interprofessionnel de la tomate de Sidi Bel Abbès, Nabi Mekki, localement les producteurs de la tomate industrielle rencontrent beaucoup de difficultés qui engendrent des pertes colossales.
Aucune usine de transformation de tomate n’est ouverte ni au niveau de la wilaya ni au niveau régional, tandis que 23 usines sont opérationnelles dans les wilayas de Souk Ahras, Skikda et Guelma, dans la région Est, et sont subventionnées par l’Etat. Ces usines ont bénéficié l’année écoulée d’un soutien financier de
110 milliards de centimes.
Dans la wilaya de Sidi Bel Abbès, la saison passée, une superficie de 20 hectares a été emblavée de tomate, ce qui a donné une production de 300 quintaux de tomate industrielle par hectare, vendus aux usines de l’Est au prix dérisoire de 10 et 15 DA le kilogramme et aussi une production de 12 500 quintaux à l’hectare de tomate de consommation. « A cause du climat et de la sécheresse, nos agriculteurs utilisent des variétés tardives », souligne-t-on. Le professionnel de la filière préconise la réalisation de périmètres irrigables pour parvenir à exploiter la superficie de 5 000 hectares destinés à la production de la tomate industrielle et accroître la production. Il révèlera que 13 retenues collinaires à travers le territoire de la wilaya ne sont pas exploitées, en plus du gel des autorisations de forages des puits.
Le président du Conseil interprofessionnel de la filière de la tomate préconise la réouverture de l’usine de Ben Badis, qui s’est spécialisée dans la transformation et le conditionnement de la tomate, l’accompagnement de l’agriculteur, leur dotation en moyens de travail et de lutte contre les maladies et la levée des contraintes au niveau des banques, pour inciter l’investissement dans l’industrie de transformation de la tomate. Des problèmes qui seront débattus entre professionnels de la filière, aujourd’hui jeudi, à Aïn Benian, à Alger, et aussi discuter des perspectives de développement de la filière à moyen et à long termes, a-t-on indiqué.