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Les opérateurs de la filière avicole algérienne font face depuis quelques mois à une situation qu’ils décrivent comme difficile voire alarmante. Ces éleveurs de volaille affirment être confrontés à une conjoncture où les menaces sont plus importantes que les avantages sur leur activité qu’on dit pourtant lucrative et génératrice de revenus importants.

Le secrétaire général du Conseil national interprofessionnel de l’aviculture (CNIFA), El Hadi Tebhiret, s’est fait le porte-parole de leurs inquiétudes à l’occasion d’une réunion qui s’est tenue hier au siège de la Chambre agricole de Bouira en présence de membres du conseil et d’éleveurs de plusieurs wilayas du pays. Il a ainsi fait état d’une filière en quête d’un « nouveau programme » pour « réorganiser » et « développer leur filière.
« Tous les segments de la filière avicole doivent être réorganisés et développés d’une façon plus rigoureuse afin de pouvoir lutter contre toutes les formes de spéculations et afin de moderniser l’élevage avicole », a déclaré M. Tebhiret. L’objectif premier, selon lui, est de réorganiser le marché pour que les éleveurs de volailles et les producteurs de viande blanche cessent de perdre de l’argent et parviennent à préserver leurs investissements.
Selon ce responsable, cité par l’APS, le gros problème auquel font face ces opérateurs actuellement est la « baisse drastique » des prix du poulet de chair. M. Tebhiret cite également parmi les difficultés rencontrées la « spéculation » et l’informel qui représente une part importante de l’activité. Il parle de « grosses pertes financières » générées par un contexte de crise qui risque de s’aggraver si un plan de travail urgent n’est pas établi.
C’est l’avis du président des producteurs de la viande blanche, Cherif Boukhrissa, présent à la réunion de Bouira et au cours de laquelle il a mis en garde, selon l’APS, « contre l’amplification de la crise que connait l’aviculture ». « Plusieurs éleveurs ont enregistré des pertes considérables en raison de la baisse des prix ces deux derniers mois. Cela est due à la spéculation que nous devrions lutter avec un nouveau plan de travail que nous sommes en train d’étudier », a affirmé ce représentant de la profession. D’après lui, « le kilogramme de poulet est cédé en ce début février à 120 et 130 dinars, alors qu’il se vendait à 180 et 200 dinars il y a deux mois ».
Des prix instables
« Ces pertes sont également dues à l’effondrement du pouvoir d’achat du citoyen », a encore dit M. Boukhrissa aux yeux de qui les grandes victimes de cette situation sont les petits éleveurs qui se retrouvent démunis face à des « lobbys qui cherchent à créer » une
« situation d’instabilité des prix» quand ils ne font pas face à la
« cherté des prix des aliments de volaille ».
Selon le raisonnement de cet associatif, des groupes cherchent à casser les prix pour fragiliser les petits éleveurs et les obliger à se retirer du marché. « L’aviculture est confrontée aussi au problème de l’excédent de la production, ainsi qu’aux contraintes de stockage et de la transformation », a-t-il encore ajouté. Il a ensuite expliqué que « l’excédent est provoqué par l’importation de poules mères ou de parentes, dont le nombre dépasse les 8 millions, alors que l’Algérie n’a besoin que de 5 millions de poules mères ». Cela crée un énorme excédent et un déséquilibre pour la production », a renchéri le SG du CNIFA.
Le développement de la filière avicole « ne pourra se faire sans la régulation du marché ainsi que des opérations de l’importation des poules mères. Tout cela doit se faire selon les besoins du pays et non pas de façon anarchique », a insisté El Hadi Tebhire. « Notre nouveau programme doit contenir également le point lié au renforcement et développement des structures de stockage ainsi que des abattoirs. Cela est indispensable pour développer cette filière », a-t-il souligné.
Selon M. Boukhrissa, il s’agit de préserver une filière avicole dont la production annuelle varie « entre 600 et 700 000 tonnes de viandes blanches » et qui occupe une place importante dans l’économie agricole dans notre pays.<