Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural travaille sur la mise en place d’une feuille de route permettant aux acteurs du secteur, en particulier ceux engagés dans l’agriculture saharienne et des Hauts-Plateaux, de recourir à l’énergie non fossile et au solaire, en particulier. La biomasse et la méthanisation ne sont pas exclues, non plus, comme ressource énergétique de rechange.

Ladite feuille de route, a indiqué hier le ministre de l’Agriculture, Cherif Omari, verra l’implication d’autres départements ministériels comme celui de l’Energie, de l’Environnement et de la Micro-entreprise et des Start-ups. A ce sujet, le ministre de l’Energie, dont le secteur semble avoir pour l’instant la meilleure visibilité du champ à investir, a indiqué que la production électrique en Algérie consomme actuellement 20 milliards de m3 et que l’objectif à terme est d’accélérer le recours à l’énergie solaire pour les besoins de l’agriculture.
La stratégie, a-t-il dit, est de privilégier les outils qu’offre la transition énergétique devant permettre de couvrir l’ensemble des périmètres agricoles éloignés du réseau à plus de 50 km environ. «Nous avons tracé un programme avec Sonelgaz pour l’installation de 50 MW en énergie solaire pour éliminer les unités de production électrique fonctionnant au diesel dans le Sud du pays», a-t-il affirmé.
Selon Mohamed Arkab, Sonelgaz travaille sur le raccordement électrique de 2 800 périmètres agricoles répertoriés. Il a ainsi fait savoir que près de 990 périmètres ont d’ores et déjà été raccordés. Le ministre de l’Energie a également rappelé que son département compte installer 4 000 MW de renouvelable entre 2020 et 2024, répartis en h8 lots de 500 MW couvrant toutes les régions du Sud et des Hauts-Plateaux mais également dans certaines régions du Nord du pays.
Pour sa part, la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Nassira Benharrat, a indiqué que son secteur s’emploie à développer pas moins de 1 000 MW d’ici 2030, dont 500 MW à horizon 2024. Ceci permettra, a-t-elle noté, d’irriguer 180 000 hectares dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux. Le ministre délégué chargé de l’Agriculture saharienne et des Montagnes, Foued Chehat, s’est, lui, félicité de l’adoption d’une nouvelle méthodologie de coordination interministérielle pour parvenir à hisser l’agriculture dans le Sud et les Hauts-Plateaux.
Le ministre de la Micro-entreprise, des Start-up et de l’Economie de la connaissance, Yassine Djeridene, a plaidé quant à lui, selon l’APS, «pour que soit pris en considération l’aspect de long terme quant aux investissements liés au renouvelable».
Tous ces responsables se sont exprimés hier, en marge d’un atelier sur l’utilisation des différentes énergies dans le secteur agricole. Et, pour rappel, le ministre de l’Agriculture a procédé, fin avril, à l’installation auprès de son Cabinet d’un comité scientifique chargé de la promotion de l’investissement agricole. Ce comité a pour mission entre autres de réfléchir sur les alternatives énergétiques à exploiter. n