Le Président-Directeur général de l’Algérienne des viandes rouges (Alviar) Lamine Derradji a appelé le ministère de la Justice à intervenir afin de mettre un terme à la spéculation de l’aliment de bétail. La convention triangulaire regroupant les éleveurs, les abattoirs et les producteurs d’aliments de bétail connaît une résistance des spéculateurs d’aliments et de viandes rouges, a-t-il alerté.

PAR MILINA KOUACI
La convention triangulaire devrait régler le problème récurrent de l’aliment de bétail. Sauf que les intermédiaires-spéculateurs des viandes et d’aliments de bétail font de la résistance. Ce qui perturbe la filière de l’élevage de bétail en dépit des efforts de l’Etat pour stabiliser les prix, déplore le PDG d’Alviar sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne I. Il a, à ce propos, plaidé pour l’intervention du ministère de la Justice afin de mettre fin à la spéculation des aliments de bétail.
M. Derradji juge qu’il est primordial de «plafonner les prix» des viandes rouges. Il estime qu’il est «inconcevable» que les prix du kilo de viande rouge dépassent les 1 400 DA, compte tenu du soutien apporté par l’Etat à cette filière. Il a mis en garde des conséquences de la perpétuation de la hausse injustifiée des prix des viandes. Ce dernier n’a pas écarté le recours de l’Etat à l’importation avant la fin de l’année en cours pour assurer l’approvisionnement du marché.
Cette institution a, en effet, obtenu une autorisation exceptionnelle pour la commercialisation de la viande bovine fraîche à des quantités étudiées, à partir de janvier 2023, a annoncé le ministère de l’Agriculture. Le but étant d’approvisionner et de réguler le marché avec une prise de mesures adéquates susceptibles de mettre fin à l’activité des intrus parmi les intermédiaires et les spéculateurs qui ne font pas partie des éleveurs et des professionnels, et de développer une base de données de la profession, a indiqué de son côté le ministère de l’Agriculture.

Des mesurespour la régulation de la filière des viandes rouges
En effet, plusieurs mesures immédiates ont été prises pour la régulation de la filière des viandes rouges afin de la développer, de préserver les races et d’assurer au citoyen un produit de qualité à un prix raisonnable, a-t-on indiqué lors d’une rencontre nationale consacrée au débat autour de la question de la régulation de la filière des viandes rouges, tenue mardi. Les différents acteurs de la filière ont convenu à l’unanimité de prendre des mesures pour le développement de la filière des viandes rouges, a indiqué à propos le ministère dans un communiqué rendu public.
Il s’agit de l’intensification du système triangulaire portant coopération entre l’éleveur et l’Office national des aliments de bétail (Onab), souligne le communiqué. Il s’agit en outre de rappeler aux professionnels que l’opération de recensement de bétail et la création d’une base de données s’effectue sous la supervision des walis chargés du suivi de cette opération importante.
Assurer l’orge directement aux éleveurs avec des quantités double (18 kg/mois contre 9 kg/mois en 2021), faciliter l’opération de transport de la viande «bovine» du Sud à partir des bovins abattus dans les abattoirs des wilayas de Tamanrasset et d’Adrar en attendant d’élargir cette mesure à d’autres wilayas, sont entre autres mesures prévues, selon la même source.
Par ailleurs, il a été décidé de fermer les marchés de bétail durant la grande opération de recensement du cheptel tout en autorisant la commercialisation directe des têtes ovines (de l’éleveur à l’abattoir) afin de garantir la disponibilité du produit.
Le secrétaire général de l’UNPA, Abdelatif Dilmi, s’est félicité des mesures prises par l’Etat au profit des éleveurs pour le développement de la filière, rappelant l’importance de la vision participative adoptée par le ministère à travers l’ouverture des portes de dialogue avec tous les intervenants et les partenaires et permettant de lever les obstacles et de relever tous les défis. Il a souligné la nécessité pour toutes les professions de s’organiser en coopératives, saluant la vision participative et prospective adoptée actuellement qui permettra de développer les méthodes de production et d’assurer la disponibilité du produit. De leur côté, les principaux acteurs et professionnels de la filière ont évoqué, lors du débat, l’importance de recenser et d’identifier le cheptel, de mettre un terme à l’activité des intermédiaires et des spéculateurs et à la hausse des prix des viandes rouges, de promouvoir et d’encourager la consommation des viandes rouges des wilayas du Sud, disponibles et de bonne qualité. A cet effet, il sera procédé, à partir de janvier 2023, à la mise en service de deux laboratoires d’analyses vétérinaires dans les wilayas d’Adrar et de Tamanrasset, placés sous la tutelle de l’Institut national de la médecine vétérinaire, chargés d’analyser les échantillons de bétails avant leur abattage, ce qui permettra de réduire les délais d’obtention des résultats de 20 à 2 jours. Lors de la rencontre, M. Henni a souligné l’importance de la filière des viandes rouges dans le renforcement de la sécurité alimentaire, rappelant les mesures prises pour l’organisation et la régulation de cette filière stratégique. Il a insisté, en outre, sur la nécessité de prendre les mesures nécessaires pour garantir au client une viande de qualité à des prix raisonnables, rappelant la série de mesures incitatives et le soutien, voire l’accompagnement assuré par l’Etat pour développer cette filière. Le ministre a souligné aussi l’importance d’exploiter les potentialités importantes dont dispose le pays. M. Henni a appelé les éleveurs et les professionnels à l’impératif de participer au succès de la grande opération de recensement national du cheptel via les technologies modernes afin d’identifier le cheptel et de localiser sa position géographique. <