Par Bouzid Chalabi
Ces coopératives céréalières et de légumes secs refusent de réceptionner les récoltes de l’oléagineux dont la culture est encouragée par le gouvernement.
Alors que le président de la République Abdelmadjid Tebboune soutient personnellement la culture du colza dans le but de limiter l’importation en devises fortes de cet oléagineux transformé, en Algérie, les producteurs font actuellement face à l’entêtement des Coopératives céréalières de légumes secs (CCLS) de ne pas réceptionner leur moisson.
Cette décision de ne pouvoir réceptionner les récoltes de colza est justifiée par les CCLS locales, sur la base qu’elles n’ont pas encore reçu l’aval de la direction générale, c’est-à-dire l’OAIC, pour ouvrir les dépôts afin de réceptionner les récoltes. Ce que n’arrivent pas à comprendre les producteurs allant même jusqu’à interpréter cette situation «comme une sorte de blocage administratif qui va servir de leçon, celle de ne pas cultiver le colza la saison prochaine par un nombre important de cultivateurs», prévient Nadir Ahcène Djaballah, président de l’Association professionnelle pour l’orientation et la protection des fellahs (APOPF), repris par l’APS. Non sans déplorer : « Si tous nos efforts consacrés cette année à la culture du colza ont été couronnés de succès, preuve en est, les 13 935 quintaux de colza récoltés issus de 13 000 hectares emblavés, contre 4 000 la saison précédente, l’administration nous met des bâtons dans les roues». Toujours dans ce même registre, le président de l’APOPF dira : «Et pourtant, l’ex-Secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Salah Chouaki, avait annoncé à la fin de la campagne 2021 que la première expérience de la culture de colza, au titre de la saison agricole 2020-2021, a été couronnée de succès. Elle a enregistré des résultats encourageants avec 13 935 quintaux, dont 11 397 quintaux de céréales destinés à la transformation, ainsi que 2 538 quintaux de semences qui sont stockés au niveau des Coopératives des céréales et légumes secs (CCLS). Notons que le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, ayant eu vent de la non-réception des récoltes de colza par les CCLS, a dépêché une commission d’enquête au niveau des wilayas de l’Est du pays pour s’enquérir des difficultés rencontrées par les producteurs du colza. «Suite aux difficultés et insuffisances constatées en rapport avec le programme de production de colza au niveau des wilayas de l’Est du pays (producteurs privés et fermes pilotes), le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a dépêché une commission d’enquête sur les lieux», avait indiqué, le 4 mai dans un communiqué, le ministère de l’Agriculture. Cette commission, placée sous l’autorité de l’Inspection générale du ministère, doit «enquêter avec diligence sur les anomalies et erreurs ayant conduit à une situation qui a mis en difficulté de nombreux agriculteurs ayant adhéré au programme colza pour la campagne 2021-2022», avait expliqué le communiqué, ajoutant qu’à l’issue des conclusions de cette commission d’enquête, les décisions appropriées seront prises, a fait savoir le ministère. Soulignons que le ministre de l’Agriculture s’est exprimé, hier, sur les difficultés que rencontre la culture du colza. Abdelhafid Henni a indiqué : «Nous sommes dans l’attente des résultats de l’enquête» sur les difficultés liées à cette culture. Concernant la question du stockage de la production du colza, le ministre a indiqué que les agriculteurs savent tout et que l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a pris toutes les mesures nécessaires en mettant à la disposition des agriculteurs les points pour déposer leurs productions. Le ministre de l’Agriculture a déclaré que son département «ne compte pas renoncer à la culture du colza». Il a rassuré les producteurs de colza qu’une solution finale aux problèmes du stockage et de la qualité de la semence de colza sera trouvée dans les plus brefs délais. Et de faire savoir enfin aux agriculteurs, qui se sont lancés dans la culture du colza, qu’ils vont bénéficier de facilitations concernant la vente de leur moisson aux transformateurs privés».