En marge de la tenue de la 26e Foire de la production algérienne au Palais des expositions d’Alger, la Safex a organisé hier un panel dédié au secteur agricole.

Thème de la rencontre, la valorisation des produits agricoles et l’intégration de la recherche scientifique dans l’élaboration des stratégies de labélisation du produit national et son niveau de compétitivité au niveau national et international. Le dernier point, lié à la volonté à moyen et long terme de l’Etat d’exporter les produits agricoles, a occupé une grande part des discussions. Représentants du ministère de tutelle et experts n’ayant pas omis de rappeler qu’une densification de la production nationale constituait la priorité du secteur agricole avant de songer à l’export. « L’un des défis de notre secteur est l’augmentation significative de la production et la valorisation de celle-ci en ciblant les filières stratégiques », explique Kamel Chadi, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture, qui a prôné une plus grande implication des acteurs de l’agriculture et de l’industrie pour améliorer l’intégration agro-industrielle et ainsi créer des chaînes de valeur.
Le même responsable a rappelé la politique gouvernementale actuelle qui a permis l’attribution de plus de 850 000 hectares de terres agricoles sous forme de concessions à des investisseurs. « 61% de cette superficie sont orientés sur des projets structurants. Nous avons donné la priorité notamment aux transformateurs, minoteries et laiteries », indique Kamel Chadi. Annonçant par ailleurs des niveaux de progression appréciables dans la production de lentilles et l’intérêt de son département dans le développement de la production des haricots, « qui a un poids social sur le consommateur et un impact sur la facture alimentaire ».
Kamel Chadi a rappelé également les investissements dans l’aquaculture que l’Etat soutient actuellement, avec comme objectif de « doubler la production de la pêche ». « L’Algérie produit 100 000 tonnes/an actuellement. Le secteur connaît un certain succès auprès des éleveurs, notamment en ce qui concerne les intrants, c’est-à-dire, la production locale d’alevins et de l’alimentation piscicole », indique le Secrétaire général du ministère, ajoutant que ce type d’activité entre dans le cadre de la création de chaînes de valeurs.
Concernant la partie export, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture a estimé qu’il ne faudrait pas « exporter des excédents parce qu’on en fait dans telle ou telle filière, mais exporter des produits de qualité ». « Il faut évaluer le marché, être en mesure de respecter les cahiers des charges et les exigences de consommation du pays vers lequel on exporte, tout en assurant la disponibilité permanente du produit », plaide-t-il.
Pour exporter, l’expert Mokrane Nouad, membre fondateur du Groupe de réflexion Filaha, estime qu’il faut que les sources de production atteignent « une taille critique » pour pouvoir ainsi exporter.
Il appelle dans cette optique à exploiter « la marge importante de développement pour le tissu de l’industrie agroalimentaire ».
« Il y a une opportunité importante. Si on veut diversifier notre économie, il n’y a pas d’autre solution que d’aller vers la transformation et s’inscrire dans la chaîne de valeur qui peut nous positionner à l’export », estime Mokrane Nouad. L’expert précise que dans certains pays développés l’on parvient à 20% de parts de production brute contre 80% de produits commercialisés après avoir été « valorisés ». « L’Algérie ne transforme environ que 10% de sa production », regrette-t-il.