Un protocole d’accord portant sur un investissement de 250 à 300 millions de dollars (environ 25 à 30 milliards de dinars) dans le domaine agricole a été signé, hier lundi, à Alger, entre le groupe laitier algérien privé Tifralait et le groupe agricole international américain Dale Didion.

L’agriculture, est, aujourd’hui, l’un des rares secteurs sur lequel il faut miser pour réaliser la croissance dont l’Algérie a cruellement besoin mais beaucoup reste à faire dans ce secteur d’autant qu’un déficit en matière de production agricole est figé, depuis plusieurs années, autour des 30%. Il concerne particulièrement les céréales, les viandes rouges mais aussi la filière lait, d’où une nouvelle stratégie de relance du secteur. Pour y remédier, faire appel à des partenariats étrangers semble pour l’heure une des voies possibles de développement. C’est dans ce cadre que le protocole d’accord portant sur un investissement de 250 à 300 millions de dollars (environ 25 à 30 milliards de DA), dans le domaine agricole, a été signé hier lundi, à Alger entre le groupe laitier algérien privé Tifralait et un groupe agricole international américain. Aux termes de cet accord, les deux groupes vont créer une joint-venture pour la réalisation d’un méga projet agricole dans la wilaya d’Adrar (sud) s’étendant sur une superficie totale de 25.000 hectares (ha). L’accord a été signé par le PDG de Tifralait, Mohamed Medjekane, et le président du groupe américain Dale Didion, en présence du ministre de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche Abdesselam Chelghoum, du président du Conseil d’affaires algéro-américain Smaïl Chikhoun et du président de la Confédération des industriels et des producteurs (CIPA), Abdelaziz Henni. Ce projet qui sera réalisé selon la règle du 51/49% régissant l’investissement étranger en Algérie et donnant la majorité du capital à la partie algérienne, touche plusieurs filières agricoles dont la pomme de terre, les engrais, les céréales, l’élevage de bovins laitiers, les aliments de bétail, le maïs et le soja. Concernant la filière lait, les deux partenaires visent à atteindre une production de 190 millions de litres de lait/an et 20.000 tonnes de viandes rouges/an. Il s’agira également de produire 22.000 tonnes/an de céréales et 105.000 tonnes d’aliments de bétails. Le projet vise la création de 1.500 postes d’emplois. L’exécution de ce projet se fera par plusieurs phases, la première concernera la culture céréalière avec l’aménagement de 1500 ha dès l’année en cours. Dans la deuxième étape, les partenaires passeront aux cultures fourragères et à la pomme de terre avant de se lancer dans l’élevage de bovins laitiers avec l’importation de 3.000 vaches laitières en moyenne par an, l’objectif étant d’arriver à 15.000 vaches au bout de cinq à six ans, a expliqué M. Chikhoune. La troisième phase de ce méga projet sera consacrée à l’activité de transformation de la pomme de terre (flocons de pomme de terre déshydratée) et à la production de poudre de lait. « C’est un projet très important qui va se réaliser graduellement étant donné les multiples techniques qui seront introduites dans chaque filière et à chaque étape », a souligné M. Chikhoune. M. Chelghoum a, pour sa part, salué la conclusion de ce partenariat, le deuxième du genre après celui d’El Bayadh conclu en 2016. «Cela signifie que la coopération entre l’Algérie et les Etats-Unis va bien», a-t-il dit, et ce, grâce, a-t-il ajouté, à «la volonté politique» exprimée par les deux pays.