Alors que la question de la production agricole, et plus généralement de la sécurité alimentaire, est aujourd’hui considérée comme une donnée stratégique, le président de la Chambre nationale d’agriculture Mohamed Yazid Hambli a expliqué, hier, que les ambitions de modernisation du secteur sont actuellement ralenties par le manque d’encadrement.

Par Nadir Kadi
Le responsable estime que la réforme des systèmes de formation est «primordiale» : «On ne peut pas aller loin sans la formation, puisque la modernisation et la numérisation du secteur agricole nécessite un encadrement technique». En effet, s’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne III, le responsable de la Chambre nationale d’agriculture, pour qui «le défit de la sécurité alimentaire oblige à une performance optimale» et que «l’élément le plus important reste la ressource humaine», a néanmoins fait savoir que le pays enregistre actuellement «une carence importante en termes de ressource humaine dans le secteur agricole». Le manque de personnel se ferait d’autant plus sentir au niveau de poste à très haute qualification : «Je pense que nous avons négligé de former des techniciens et techniciens supérieurs et depuis longtemps alors que le marché est demandeur».
Et à titre d’exemple, il apparaît, selon les déclarations du responsable, que la situation qu’il décrit met à mal certain projets du secteurs : «Nous avons actuellement de grandes ambitions pour l’agriculture saharienne (…) mais nous n’avons pas encore la ressource humaine, des ingénieurs et techniciens, pour encadrer les nouvelles exploitations» d’autant que le secteur a besoin aujourd’hui d’un grand nombre de travailleurs dans des domaines tels que l’élevage, les machines agricoles ou encore l’arboriculture. Quant aux solutions, il s’agit en substance selon Mohamed Yazid Hambli de revenir à des formations plus adaptées et dispensées directement dans le cadre des besoins du secteur : «Si l’on prend en compte l’expérience des grand pays agricoles il apparaît qu’ils ont conservé les formations et l’enseignement agricole au sein des ministères de l’Agriculture (…) Il faut revenir sur la manière d’organiser les formations» mais aussi «redynamiser nos instituts toujours sous tutelle du ministère, en plus de réformer les programmes de formation». S’exprimant par ailleurs sur la décision des autorités d’autoriser de nouveau l’importation de certains matériels agricoles, et notamment de «tracteurs de grandes puissances», Mohamed Yazid Hambli estime que cette mesure permet également d’utiliser des techniques de labourage économes en eau : «La décision du président de la République de libérer l’importation du matériel rénové» permettra aux agriculteurs de s’orienter «vers l’utilisation des outils à dents pour préserver l’eau (…) nous ne pouvons pas utiliser ce types d’outils dans les labours avec de petits tracteurs, il faut des engins puissants». Et dans cette logique d’adaptation au manque d’eau et à la rationalisation de son utilisation, le même responsable souligne également que les projets d’agriculture saharienne vont dans le bon sens, «la Sahara dispose de grandes surfaces exploitables mais aussi de beaucoup d’eau souterraine (…) il faut trouver un équilibre entre l’agriculture des régions nord et une agriculture intensive au sud».<