Le manque de pluies depuis plus de trois mois et la menace de sécheresse qui pèse sur le pays et son agriculture notamment, relance le débat sur le recyclage des eaux usées et leur utilisation pour l’irrigation des services cultivables. Ce débat s’accompagne aujourd’hui de chiffres relatifs aux activités de l’Office national de l’assainissement (ONA). Durant l’année 2019, indique cet office, 12 325 269 m3 d’eau ont été épurés et servi à l’irrigation de 11 045 hectares de terres agricoles, ce qui représente selon l’Office un taux de réutilisation des eaux usées épurées en agriculture (REUE) de 31 % du volume épuré. Le potentiel de réutilisation des eaux usées épurées, selon l’ONA, devrait évoluer de manière significative pour l’année 2020.
L’ONA exploite aujourd’hui 154 stations d’épuration dans 44 wilayas du pays, soit plus de 55 342 Km de réseaux d’assainissement, pour 1 147 communes, correspondant à environ 80 % du linéaire national, 499 stations de relevage et de drainage, 154 stations d’épuration, 76 stations à traitement intensif (boues activées), 75 stations à traitement extensif, (par lagunage aéré ou naturel) et 3 stations d’épuration à filtres plantés. Le parc des stations concernées par la réutilisation des eaux usées épurées en agriculture compte 16 unités. Il est prévu que leur nombre soit porté à 20 unités spécialisées.
Pour les régions enclavées, l’Office lance le projet de fabrication locale et la commercialisation de stations monoblocs dont les études de faisabilité sont achevées. Ce projet consiste en la réalisation d’une station d’épuration monobloc et modulaire d’une capacité unitaire de traitement de 150 équivalents habitants destinée au traitement des eaux usées des petites agglomérations, des bases de vie, des casernes militaires et des complexes touristiques et hôteliers. La capacité unitaire peut être augmentée à 350 équivalents habitants avec la possibilité d’installation côte à côte de plusieurs modules pour assurer la capacité de traitement demandée. Aussi, l’ONA a mis en place le processus de télégestion d’une station d’épuration avec une solution 100% algérienne. Une démonstration sera faite à ce sujet lors des célébrations de la Journée mondiale de l’eau le 22 mars prochain. L’Algérie va célébrer cette journée, placée cette année 2020 sous le thème « l’eau et le changement climatique », par la sensibilisation des citoyens sur les impacts des changements climatiques pouvant provoquer des phénomènes importants telles que les inondations et les sécheresses et qui auront indéniablement des répercussions sur la disponibilité de l’eau.