Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra aujourd’hui à 14H00 GMT une réunion publique sur l’escalade dans les territoires palestiniens occupés à la suite des agressions israéliennes. Cette cession qui se tiendra en visioconférence a été demandée par la Tunisie, la Norvège et la Chine. L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, le Norvégien Tor Wennesland, ainsi que des représentants d’Israël et de l’Autorité palestinienne devraient y participer.

Synthèse Kahina Terki
Les Etats-Unis, qui avaient refusé une réunion d’urgence dès vendredi et proposé qu’elle se tienne mardi, «ont été d’accord pour avancer la réunion à dimanche», a précisé un diplomate. Un peu plus tôt, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, avait assuré devant la presse à Washington que les Etats-Unis étaient «favorables» à ce qu’une réunion ait lieu «en début de semaine prochaine».
«J’espère que cela donnera un peu de temps à la diplomatie pour apporter des résultats et voir si nous obtenons une vraie désescalade», a dit M. Blinken qui avait dépêché la veille Hady Amr, le haut responsable du département d’Etat américain chargé des affaires israéliennes et palestiniennes pour des discussions avec des dirigeants israéliens à Jérusalem avant de se rendre en Cisjordanie occupée pour des entretiens avec des responsables palestiniens.
M. Amr souhaite encourager les deux parties pour parvenir à un «calme durable», a déclaré la porte-parole adjointe du département d’Etat, Jalina Porter. Washington a été critiqué pour ne pas avoir fait plus pour mettre fin à la violence après avoir bloqué la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui était prévue vendredi.
Sur le terrain, l’armée de l’air israélienne a frappé plusieurs sites à Gaza dans la nuit de vendredi à samedi, tandis que des roquettes ont à nouveau été lancées depuis Gaza en direction d’Israël. Parmi les victimes de cette dernière série de bombardements israéliens sur l’enclave palestinienne figurent huit enfants et deux femmes membres d’une même famille qui se trouvaient dans leur immeuble de trois étages situé dans le camp de réfugiés Al Shati, selon ces sources paramédicales à Gaza.
Le dernier bilan des autorités palestiniennes faisait état vendredi soir de 139 morts, parmi lesquels 39 enfants et 1.000 blessés dans les bombardements israéliens.
L’Egypte a ouvert son poste-frontière de Rafah avec la bande de Gaza samedi pour permettre l’entrée de dix ambulances transportant des Palestiniens grièvement blessés, afin qu’ils soient soignés dans des hôpitaux égyptiens, selon des responsables médicaux. Plus de 2.300 roquettes ont été lancées par des groupes armés palestiniens sur le territoire israélien depuis lundi, tuant neuf personnes, parmi lesquelles un enfant et un soldat, et faisant plus de 560 blessés. Selon l’armée, le bouclier antimissile «Dôme de fer» a intercepté environ 90% de ces roquettes.
Malgré les appels internationaux à la désescalade, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a prévenu que son armée infligerait de «sérieux revers» au mouvement «terroriste» Hamas qui contrôle l’enclave palestinienne de Gaza. «Ils payent et continueront de payer chèrement. Ce n’est pas encore fini». Et pour Israël, les fronts se multiplient. En Cisjordanie, de Naplouse à Hébron et à travers tout le territoire occupé par Israël depuis 1967, les Palestiniens ont lancé des pierres, des cocktails Molotov et d’autres projectiles sur les forces israéliennes, qui ont riposté avec des balles en caoutchouc et, dans certains cas, des balles réelles.
Ces heurts avec l’armée israélienne ont fait pour la seule journée de vendredi 11 morts et environ 250 blessés, côté palestinien, notamment lors de manifestations de colère et de soutien aux habitants de la bande de Gaza. De nouvelles tensions nocturnes ont par ailleurs eu lieu dans le quartier de Shuafat à Jérusalem-Est, où de jeunes manifestants palestiniens masqués ont incendié des débris, et la police israélienne a répondu avec des gaz lacrymogènes. Hier, samedi 15 mai, journée de commémoration de la Nakba, de nouvelles manifestations ont éclaté à travers la Cisjordanie occupée.
Alors que l’armée israélienne a déjà mobilisé ses réservistes, un possible quatrième front s’est entrouvert. Des tirs de trois roquettes lancées depuis la Syrie ont été entendus vendredi soir dans le nord d’Israël. Un peu plus tôt, à la frontière israélo-libanaise, un membre du Hezbollah participant à une manifestation a été tué par des tirs de l’armée israélienne. Face à l’escalade, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir dimanche.