La séquestration et l’agression perpétrées en début de soirée de mercredi dernier par un groupe d’étudiants contre le doyen de la faculté des sciences économiques et gestion commerciale de l’université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouria continuent de susciter des interrogations et de condamnations.

En effet, après la réaction du recteur de l’université qui a dénoncé de manière énergique et ferme ces dépassements, tout en appelant la communauté estudiantine à faire preuve de sagesse et de discernement, c’est au tour du bureau local du Cnes, qui a aussi réagi, et ce, en réclamant une commission ministérielle afin de statuer sur le phénomène qui gangrène le campus. Par ailleurs, une source policière a confirmé que l’enquête est en cours. Les auteurs de cette « séquestration » seront auditionnés et le dossier sera sans nul doute présenté devant le parquet. Le doyen qui, pour rappel, a sauté depuis le balcon de son bureau au deuxième étage du bloc administratif, s’en est sorti avec une fracture à la jambe. Le médecin légiste lui a prescrit un certificat médical de trois mois. A l’université de Bouria, les scènes de violences sont devenues récurrentes. Les bagarres opposant parfois des groupes d’étudiants et les insultes envers le personnel pédagogique sont également récurrents, a-t-on témoigné. Au mois de décembre dernier, le campus a été le théâtre de violences après que des manifestations autour de la question de la promotion de la langue amazighe ont été empêchées. Face à la multiplication de ces cas d’agressions en milieu estudiantin, les différents intervenants, administration, enseignants, organisations estudiantines… doivent penser à redoubler d’efforts afin de cerner et de débattre de cette problématique désormais inquiétante.
M. H.