Ceux qui s’attendaient à voir une assemblée générale ordinaire (AGO) «houleuse» ou pleine de «surprises» ont été bien déçus. Hier, au Centre technique national de Sidi Moussa, les bilans moral et financier 2017 de la gestion de la Fédération algérienne de football (FAF) ont été adoptés, à l’unanimité et à main levée (91 voix sur les 93), par les membres qui composent l’assemblée.

Néanmoins, il y a eu quelques attitudes surprenantes. On en citera au moins trois. En effet, certaines personnes qui ne cessaient de critiquer les bilans depuis qu’ils ont reçu les documents y afférents ont finalement fini par se fondre dans la masse et les approuver. Aussi, les deux votes «contre» ces bilans sont venus de personnalités qu’on n’attendait vraiment pas, mais qui, font vraiment partie des «acteurs» ayant exercé durant la période considérée. En outre, des membres de cette «auguste» assemblée générale des plus «ordinaires» ont paradoxalement voté pour l’adoption des bilans moral et financier bien qu’ils aient reconnu, d’une manière directe ou indirecte, qu’ils sont «mauvais». On peut bien se cacher derrière le faux alibi de voter contre ses propres convictions pour le bien du football. Or, c’est tout à fait le contraire qu’on vient de faire : on a voté pour la «médiocrité».

L’intérêt personnel d’abord, le football après
Loin de nous l’idée de vouloir voir, coûte que coûte, les bilans rejetés. Mais, il faut convenir que les «intérêts» personnels ont pesé lourd dans ces choix de la majorité de voter «pour» ? Encore faut-il aussi faire remarquer que le procédé du vote : c’est-à-dire à main levée est beaucoup plus profitable au président de la FAF et son bureau dont acte. Là, il faut bien noter qu’en réalité, le jeu de coulisses a été bien fait au point où des membres de l’AG n’ont pas demandé que le vote soit effectué  à bulletin secret. L’article 8 du règlement intérieur de la FAF stipule bien que «les décisions de l’assemblée générale sont prises à main levée sauf si 45 membres de l’assemblée générale requièrent le vote à bulletin secret ». Il n’y a donc pas eu ces 45 membres pour procéder au vote «secret». Voter à main levée fait peur à certains présidents qui se verront donc dans l’œil des responsables de la FAF durant le reste de leur mandat.

Adopter d’abord, débattre ensuite
D’autre part, il faut aussi signaler que les débats sur les bilans moral et financier ont eu lieu après le vote et cela s’est passé bel et bien à huis clos. Ce qui veut dire qu’il est impossible de savoir comment cela s’est passé pour que les débats ne soient pas autorisés avant le vote. En résumé, les bilans moral et financier sont passés lors de cette assemblée générale des plus «ordinaires» comme une lettre à la poste. L’intervention tant attendu de l’ex-président de la FAF, Mohamed Raouraoua, ne pouvait être relatée dans la mesure où le huis clos a été appliquée aux travaux. Et c’est à se demander où sont passés ces «responsables» qui fustigeaient l’ancien patron de la FAF pour avoir appliqué justement le huis clos aux travaux ?
D’autre part, il est utile de relever que les critiques du président de la FAF actuel, Kheireddine Zetchi, à l’encontre de son prédécesseur, Mohamed Raouraoua, sont devenus des «caresses». Puisque Zetchi change de ton en déclarant que «le président Raouraoua a beaucoup donné au football national et il est donc le bienvenu dans cette assemblée générale de la FAF».

Attitude bipolaire
C’est peut être un gage pour une «réconciliation» entre les deux personnalités, justement pour le bien du football national.
Aujourd’hui, il faut bien le préciser à l’avance : les responsables qui critiquaient la gestion du président de la FAF et son équipe durant cette première année n’ont plus le droit de le faire dans la mesure où ils ont accepté ces bilans moral et financier qu’ils ont eux-mêmes qualifiés de «mauvais »!
Et pour le bien du football national, comme l’heure est à la réconciliation, la très grande majorité des membres de l’assemblée générale se doivent d’aider le président Zetchi et son équipe pour réussir une deuxième année meilleure. Et ils doivent surtout cesser de dire une «chose» et de faire «son contraire» par la suite. C’est d’importance capitale ne serait-ce que par pudeur…