Entre les agents de contrôle et leur tutelle, le ministère du Commerce, c’est l’accalmie. La grève de cette catégorie en cours depuis trois semaines a été suspendue et une réunion technique entre les deux parties est prévue aujourd’hui pour débattre du régime indemnitaire, un des points de discorde.
En effet, les agents de contrôle et de lutte contre la fraude ont décidé de «suspendre temporairement» leur mouvement de grève illimitée depuis mercredi dernier, alors que la contestation avait commencé par des arrêts de travail il y a trois semaines. Le Syndicat national des travailleurs du commerce (SNTC), affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a motivé sa décision par son obligation et son devoir de respecter les lois de la République. Le syndicat cite, en effet, le «jugement sommaire» du Conseil d’Etat qui s’est prononcé pour la «suspension de la grève» annoncée mardi dernier par le personnel du secteur du commerce, en attendant le verdict de la justice sur la «légalité» de leur débrayage.
Le SNTC, ajoute la même source, a eu une réunion de concertation mercredi dernier avec le ministre du Commerce, Kamel Rezig, qui s’est engagé à «prendre en charge leurs préoccupations socioprofessionnelles et de veiller à leur concrétisation dans les meilleurs délais». Les agents de contrôle font savoir dans ce contexte que le ministre les a conviés à une rencontre qui devrait avoir lieu aujourd’hui. Il est question de la participation des agents de contrôle à l’élaboration du texte final portant statut particulier et régime indemnitaire des travailleurs du secteur, apprend-on de mêmes sources.
Le syndicat, qui rappelle avoir consenti des efforts pour défendre les droits des travailleurs, explique que le renouement avec la grève est assujetti au verdict de la justice et à la réponse du ministère concernant les revendications soulevées. Il y a lieu de rappeler que les revendications socioprofessionnelles soulevées par l’organisation syndicale datent de 2018. Elles portent sur la révision du statut particulier des fonctionnaires du secteur, sur la révision du décret exécutif 205/11 portant régime indemnitaire des corps spécifiques du secteur du commerce. Les travailleurs réclament une promotion à des grades supérieurs, le versement des sommes obtenues du recouvrement des contraventions rédigées par les agents de contrôle dans le compte spécial créé suivant la loi 238-06 portant création de la caisse des recettes complémentaires et sur la réactualisation de la prime dite de l’IFRC.
Lors d’une rencontre, lundi dernier, entre l’Inspecteur général du ministère du Commerce et des représentants du SNTC, le ministère a fait état des mesures prises récemment afin de prendre en charge les préoccupations des travailleurs et de la détermination du ministre de tutelle à prendre en charge toutes les revendications légitimes du syndicat.
L’Inspecteur général leur a également dévoilé les mesures prises par les autorités publiques compétentes concernant la demande d’autorisation exceptionnelle pour la révision du système indemnitaire, avec l’introduction de la prime d’astreinte, tel que stipulé dans l’article 7 du statut particulier des fonctionnaires du secteur du Commerce, en sus du dépôt du statut particulier du secteur auprès de l’instance compétente. Il les a également informés des mesures réglementaires et juridiques en cours pour améliorer les ressources du Fonds de revenus complémentaires. S’agissant de la promotion sur la base du diplôme, le ministère a fait état de la promotion de 107 employés au cours de l’année écoulée, en insistant sur les efforts de M. Rezig pour la «régularisation de la situation de tous les cas en suspens dans cette catégorie». <