Par Milina Kouaci
La grève des agents de contrôle relevant du ministère du Commerce risque de s’inscrire dans la durée. Aucun signe de dénouement ne se profile à l’horizon et les protestataires menacent d’aller vers une grève ouverte aux conséquences lourdes dans un contexte où la question des prix est sur toutes les lèvres.
Pour cause, le Syndicat national des travailleurs du commerce (SNTC) a décidé de reconduire son mouvement de grève entamé le 11 avril dernier. A cette date, le SNTC avait observé une grève de quatre jours. Trois jours plus tard, le SNTC a opté pour la reconduction de leur mouvement de grève pour deux autres jours, les 18 et 19 du mois courant.
Au terme de ce débrayage, le SNTC affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) décide à nouveau de reconduire son mouvement de protestation pour deux autres jours de débrayage entamé hier. Le débrayage sera appuyé aujourd’hui par un sit-in de protestation devant le siège du ministère du Commerce.
Dans un communiqué rendu public, le SNTC dénonce fermement l’attitude du ministère qui continue à tourner le dos aux doléances légitimes des travailleurs et de fermer les portes de dialogues. «Nous dénonçons l’attitude du ministère qui n’a pas réagi à notre action et n’a pas tenté de contenir la situation et d’apaiser la colère des travailleurs», écrit le syndicat.
Ce dernier reproche au ministre de tutelle, Kamel Rezig, d’œuvrer au «fléchissement» de leur mouvement de grève en ayant recours à la justice, et ce, en guise de concrétiser les engagements qu’il avait tenus lors de la dernière réunion de concertation consistant à prendre en charge leurs préoccupations socioprofessionnelles et de veiller à leur concrétisation dans les meilleures délais», ajoute la même source.
Ces grèves répétitives sont un signal d’alerte par le syndicat qui menace d’une grève illimitée en cas de non-satisfaction de sa plateforme de revendications. Le SNTC souligne, s’agissant de sa mobilisation, sa totale satisfaction quant au niveau d’adhésion des travailleurs au mouvement de grève.
Ce malaise entre les agents de contrôle et le ministère du Commerce, qui est parti pour durer, risque d’attiser la colère des citoyens après la hausse considérable des prix des fruits et légumes par rapport aux prix référentiels et appliqués précédemment, et ce, depuis le début de Ramadan. Le ministre a donné, lundi, l’instruction ferme aux directeurs à l’effet d’intervenir avec une extrême rigueur et de multiplier les opérations de contrôle et de faire face aux spéculateurs qui recourent au stockage des marchandises pour créer la pénurie et augmenter les prix.
Il y a lieu de rappeler que les revendications socioprofessionnelles soulevées par le SNTC remontent à 2018. Elles portent sur la révision du statut particulier des fonctionnaires du secteur, ainsi que la révision du décret exécutif 205/11 portant régime indemnitaire des corps spécifiques du secteur du commerce. Les travailleurs réclament une promotion à des grades supérieurs, le versement des sommes obtenues du recouvrement des sommes des contraventions rédigées par les agents de contrôle dans le compte spécial créé suivant la loi 238-06, portant création de la caisse des recettes complémentaires et sur la réactualisation de la prime de l’IFRC. <