Le secteur algérien du tourisme a été, comme dans d’autres pays, sérieusement impacté par les conséquences de la crise sanitaire. Certains de ses opérateurs n’ont pas réussi à survivre à la vague et ont mis la clé sous le paillasson. Le prix économique payé par le secteur est lourd avec des pertes d’emplois considérables, confirme le président de la Fédération nationale des agences de voyage et du Tourisme, Mouloud Youbi.

Par Bouzid Chalabi
C’était lors de son passage hier sur la chaîne de télévision «Echourouk News», où il a révélé que plus de 30 000 travailleurs ont perdu leur emploi en raison de l’impact négatif de la pandémie de coronavirus sur le secteur national du tourisme. «La crise sanitaire que traverse le pays a fini par asphyxier l’ensemble de nos agences de tourisme et de voyage au point où depuis mars 2020 pas moins de 4 000 d’entre elles ont fini par baisser rideau», a-t-il déploré. «Ce sont 30 000 travailleurs dans le secteur qui se sont retrouvés au chômage», a-t-il encore regretté, non sans faire savoir que «les opérateurs du secteur se sont sentis abandonnés à leur sort».
Le président de la fédération dénonce notamment «l’absence d’assistance financière des pouvoirs publics alors que notre secteur a été fortement impacté par la crise sanitaire». Il a en outre révélé que «la crise sanitaire n’est pas la seule cause de la mauvaise passe que connaît le secteur. C’est aussi par l’effet d’un tourisme intérieur, c’est-à-dire domestique, très en déclin ces trois dernières années et qui par conséquent a mis à très rude épreuve les agences qui en faisaient leur activité principale». «Le tourisme intérieur ou domestique n’est plus rentable au point où cette activité ne couvre plus les dépenses des agences», a-t-il indiqué.
M. Youbi a enfin appelé le ministère du Tourisme à se pencher «sur la grave situation que traversent les agences qui essaient de se maintenir en activité», «tout en souhaitant qu’on leur accorde plus d’égard».
Il convient de rappeler au sujet de l’état des lieux de ce secteur que les agences de voyage, en dépit d’une timide tentative durant la saison décembre 2021 – janvier 2022, sont quasi inactives depuis 2020. Elles ont, en effet, raté toutes les saisons touristiques, c’est-à-dire printemps, été et hiver, le tourisme religieux (El hadj et Omra à la Mecque) compris. Toutefois, certains professionnels du secteur ne baissent pas les bras et gardent l’espoir d’une reprise d’activité à la faveur de l’amélioration de la situation sanitaire et de la reprise du transport aérien. Pour ceux qui misent sur le tourisme domestique, la destination Sahara demeure un horizon d’espoir.