Plus de 50 000 bénéficiaires émargeant aux dispositifs et programmes sociaux de l’Agence de développement social ADS ont vu leurs contrats arriver à terme fin 2016. Ils ne pourront plus compter sur les aides sociales qui leur étaient attribuées jusque-là dans le cadre des dispositions sociales assurées par cette agence rattachée au ministère de la Solidarité nationale.

Une véritable bombe à retardement, puisque ces futurs chômeurs viendront grossir les rangs des sans-travail, déjà en hausse pour cette nouvelle année, selon les statistiques officielles. En ce début d’année, d’autres bénéficiaires viendront également compter, parmi les 10 ou 11% de chômeurs déjà en attente d’un emploi.
Tout au long de l’année 2017, les contrats d’autres bénéficiaires, comme ceux du dispositif d’aide à l’insertion sociale (DAIS), la prime d’insertion des diplômés (PID), ou encore ceux enrôlés dans les programmes Blanche Algérie et Tup Himo seront interdits de renouvellement de contrat, étant donné que la période légale est écoulée. Seule une dérogation du Premier ministre pourra proroger le bénéfice de ces dispositifs pour une durée ne pouvant dépasser une année. Pour le programme DAIS de cette année, on ne comptera pas moins de
1 958 bénéficiaires qui devront quitter le programme sans délais. Idem pour l’Allocation forfaitaire de solidarité (AFS) qui, malgré les multiples opérations d’assainissement – plus de 50 000 indus ont été radiés des listes annuellement, sauf pour ces deux dernières années – n’arrive pas à contenir le flux de bénéficiaires, sans compter le prolongement de la liste d’attente. L’AFS est un programme qui s’adresse aux personnes âgées sans ressources, aux malades chroniques, aux personnes vulnérables et handicapées sans ressources, etc. Il est vrai que l’ADS dispense des aides diverses à travers, entre autres, des emplois d’attente, des postes d’emploi provisoire. «Nous avons entamé en 2011 un travail de fond à travers le lancement d’un diagnostic exhaustif des fonctions et organisations de l’agence. A travers ce diagnostic, qui a été suivi par une série d’opérations d’audit, d’évaluations et d’analyses, nous avons échafaudé un plan opérationnel présenté devant les organes de contrôle, qui l’ont validé. Malheureusement, ce plan d’action n’a pas été suivi, il a même été occulté par l’actuelle direction générale», note-t-on. En fait, le plan opérationnel comporte une série de recommandations et d’orientations visant à lancer des plans d’alternatives, notamment pour la prise en charge des bénéficiaires sortants, à travers des solutions adaptées.