Le ministère de la Santé, de la population et de la Réforme hospitalière a décidé de prolonger la campagne de vaccination contre la Covid 19. Cette décision s’explique par le fait qu’un nombre important de la population du pays reste encore en retrait de cette opération en dépit des moyens mobilisés.

Synthèse Selma Allane
Elle se comprend aussi par le constat largement partagé que la seule arme efficace contre la pandémie reste le vaccin, en dépit des polémiques qui ont surgi durant ces derniers jours sur la probabilité de nouvelles contaminations pour les personnes ayant reçu l’antidote. Par ailleurs, l’Algérie voudrait être un modèle dans le continent africain en matière de lutte anti-Covid, en dépit des difficultés recensées dans l’approvisionnement et dans la production qui connait un retard par rapport aux prévisions du ministère de l’Industrie pharmaceutique.
«Le vaccin est notre arme», affirme à l’AFP l’experte sud-africaine en santé publique, Shakira Choonara.» Il contribue à un changement de tendances qui commence à se faire sentir», ajoute-t-elle alors que l’Afrique demeure le continent où la vaccination est la moins avancée. Seules huit doses pour 100 habitants ont été administrées, selon un comptage de l’agence de presse, contre 102 en Europe et 116 aux États-Unis et au Canada. A ce sujet, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a dénoncé fin août les «inégalités choquantes» d’accès aux vaccins.
Selon l’organisation, environ 2,93% seulement de la population africaine a été entièrement vaccinée, contre 52 % aux Etats-Unis et 57% dans l’Union européenne. «Cette inégalité est profondément inquiétante. Sur les plus de cinq milliards de doses administrées dans le monde, 2% seulement l’ont été en Afrique», a déclaré la semaine dernière le Dr Matshidiso Moeti, directrice de l’OMS pour l’Afrique. Le continent avait vu une rapide hausse des contaminations fin 2020 avec l’apparition de variants plus contagieux du virus, mais n’a pas subi jusqu’ici les ravages infligés par le variant Delta notamment en Inde. Mardi 7 septembre, selon un comptage de l’AFP non remis en cause, le continent africain a dépassé mardi le chiffre des 200.000 morts depuis le début de la pandémie de coronavirus, l souffrant d’un manque cruel de vaccins avec moins de 3% de sa population entièrement immunisée à ce jour. Les 54 pays de la région, toutefois relativement épargnés par rapport au reste du monde et qui ont échappé aux scénarios catastrophes redoutés au début de la crise sanitaire, totalisent 200.254 décès, selon la même source.
Après plusieurs mois particulièrement meurtriers, avec 27.000 décès en juillet et 26.000 en août, la propagation de la pandémie a ralenti sur le continent depuis quelques semaines. L’Afrique compte actuellement 617 nouveaux décès par jour contre jusqu’à 990 fin juillet, un record. Mais ces chiffres se fondent sur les bilans communiqués quotidiennement parles autorités sanitaires de chaque pays ou par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ne reflètent qu’une fraction du total réel des contaminations. L’OMS estime qu’en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, le bilan de la pandémie dans le monde pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui officiellement recensé.
«Les moyens de dépistage sont très faibles sur le continent», explique la scientifique sud-africaine Glenda Davidson. Et l’enregistrement des décès se fait souvent de façon approximative ou inexacte, ajoute-t-elle. En Afrique du Sud, pays le plus officiellement le touché avec un total de83.899 décès dus au Covid-19, environ 7.400 nouveaux cas et 234 nouveaux décès quotidiens ont été recensés en moyenne ces sept derniers jours, contre jusqu’à20.000 cas et 420 décès par jour en juillet. Dans le monde, le Covid-19 a fait au moins 4,57 millions de morts, depuis le début de l’apparition du virus en décembre 2019, à Wuhan en Chine. n