La question préoccupe les puissances européennes engagées dans la région, notamment la France et les Etats sahéliens : les forces américaines se désengageront-elles ou non ? La réponse est aux mains du chef de la Maison Blanche qui a déclaré souhaiter voir les militaires américains engagés en Afrique se retirer du terrain pour mieux se concentrer sur les « défis » posés par la Russie et la Chine. Le chef de l’Africom, lui, plaide pour que les États-Unis maintiennent une présence militaire sur le continent
« J’ai appris que de petits investissements – quelques troupes et quelques dollars – peuvent faire beaucoup de chemin et faire une réelle différence en Afrique », a affirmé le général Stephen Townsend, chef du US Africa Command (AFRICOM), lors d’une audience du Comité des services armés du Sénat. « Je pense que dans le passé, nous avons peut-être pu accorder moins d’attention à l’Afrique et c’était OK pour l’Amérique. Je ne pense pas que ce soit le cas pour l’avenir », a ajouté le général américain dont les propos ont été relayés par CNN.
Selon CNN, le général Townsend a été interrogé à plusieurs reprises sur un examen en cours par le Pentagone des commandements militaires qui, selon de nombreux législateurs, pourrait inclure des coupes dans les troupes américaines en Afrique, en particulier les forces engagées dans des efforts de lutte contre le terrorisme.
Plusieurs législateurs républicains et démocrates ont publiquement repoussé toute proposition de réduction des troupes sur le continent.
AFRICOM « fournit une valeur énorme à la nation pour un niveau d’investissement extrêmement modeste », avait déclaré récemment dans un communiqué le sénateur républicain James Inhofe (Oklahoma), président du comité sénatorial des forces armées. Le général Townsend a indiqué jeudi au comité que les États-Unis comptaient environ 5 000 soldats en Afrique et environ 1 000 civils et sous-traitants du Pentagone. « Si les États-Unis reculent trop en Afrique, la Chine et la Russie combleront le vide à notre détriment », a-t-il prévenu dans son témoignage écrit au Sénat. « Les organisations extrémistes violentes pourront se développer sans contrôle, certaines menaceront éventuellement notre pays, et nous perdrons des opportunités d’accroissement des échanges et des investissements avec certaines des économies les plus dynamiques au monde », a-t-il souligné. n