Le Congrès National Africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, a annoncé la tenue, en avril prochain, d’une conférence nationale pour débattre de la redistribution des terres, un sujet qui suscite une large controverse dans le pays.

Une conférence nationale sera tenue du 21 au 23 avril prochain pour étudier cette question, a annoncé Ace Magashule, Secrétaire général de l’ANC. Cette question, qui divise les Sud-Africains depuis de longues années, fait actuellement l’objet d’un débat qui risque de replonger le pays arc-en-ciel dans la tension d’autant plus que certains groupes politiques dont le parti de l’Economic Freedom Fighters (EFF/opposition), appellent à la saisie par la force des terres contrôlées par la minorité blanche. Le débat a pris une nouvelle tournure quand le parlement sud-africain a donné, en février dernier, le coup d’envoi d’une réforme de la Constitution pour autoriser l’expropriation sans compensation des terres agricoles au profit de la majorité noire. Le gouvernement du Président Cyril Ramaphosa fait de la redistribution des terres une de ses premières priorités dans le cadre de sa lutte contre les disparités sociales toujours frappantes dans le pays plus de 24 ans après la fin officielle du régime de la ségrégation raciale, apartheid. A l’instar de tous les secteurs de l’économie sud-africaine, l’agriculture reste largement dominée par les Blancs, qui contrôlent 73 % des terres contre 85 % à la fin de l’apartheid. Le Secrétaire général de l’ANC a rassuré que rien ne justifie la panique suscitée par les plans préparés par le parti au sujet de cette question.
Les terres ont été à plusieurs reprises expropriées sans compensation en Afrique du Sud, a dit le responsable, rappelant les décisions similaires prises par le régime de l’apartheid.
«Nous allons convoquer un sommet national sur cette question avec la participation de tous les acteurs concernés», a dit Magashule, soulignant que l’ANC abordera cette question dans un esprit responsable préservant les intérêts du pays. Des voix se sont élevées dans le pays, notamment dans les rangs de l’opposition, mettant en garde que cette politique risque de mettre le secteur agricole en danger.
L’opposition a brandi la menace d’une répétition en Afrique du Sud du scénario zimbabwéen, en référence à la réforme agraire mise en œuvre au Zimbabwe au début des années 2000 par le régime totalitaire de l’ancien président Robert Mugabe, qui s’est achevée dans la violence et l’effondrement de la production agricole. Par ailleurs, la question de la redistribution des terres semble avoir débordé les frontières sud-africaines, notamment suite à l’annonce par le gouvernement australien d’octroyer des visas aux fermiers sud-africains blancs, estimant que ces derniers étaient «persécutés» dans leur pays.