Le secrétaire général des Nations unies a apporté hier son soutien au G5 Sahel. Antonio Guterres qui était en visite au Mali pour célébrer la journée des Casques bleus, le 29 mai, a plaidé pour un appui à la force du G5 Sahel dans le cadre d’une effective solidarité internationale.

«Il faut que la communauté internationale comprenne, qu’elle doit assurer aux pays du G5 Sahel un appui, mais un appui qui soit prévisible, un appui qui soit garanti et un appui qui puisse permettre la stabilité de la construction de la force du G5 Sahel et l’efficacité de son travail pour la protection de la paix dans cette région», a souligné le chef de l’ONU.
«Je tiens à féliciter les soldats du G5 Sahel pour la façon dont ils sont déterminés à construire ce projet et à protéger les populations civiles de la région, en même temps qu’ils assurent la sécurité de toute la communauté internationale» face au «terrorisme» et à la criminalité organisée, a-t-il déclaré. «J’étais en faveur d’un mandat plus fort» du Conseil de sécurité, a-t-il encore indiqué. Ses propos de soutien à la force militaire du G5 Sahel interviennent quelques jours après la décision des Etats-Unis de refuser le « mandat renforcé» réclamé par son secrétaire permanent à l’ONU.
Il y a une semaine, Maman Sidikou, a réclamé au Conseil de sécurité «un mandat renforcé» pour cette force naissante. Mais la demande a été aussitôt rejetée par les États-Unis, qui refusent toute implication accrue de l’ONU. «Nous sommes encore loin d’avoir atteint une bonne vitesse de croisière dans la mise en oeuvre concrète de notre réponse sécuritaire à la crise qui menace de totalement déstabiliser le Sahel et ses environs», a résumé Maman Sidikou mercredi 23 mai. «Même si plus de 80 % de nos effectifs sont déjà déployés à notre quartier-général de Sévaré et au niveau des trois zones opérationnelles, il n’en demeure pas moins que nos troupes sont encore généralement mal équipées, les bases militaires et plus globalement la logistique nécessaire à une intervention efficace font défaut », a-t-il précisé selon les agences de presse.

Le refus des Etats-Unis d’un «mandat fort» pour la force militaire
M. Sidikou a demandé que les Nations unies fournissent à la force G5 Sahel plus de moyen que l’actuel soutien logistique fourni par les Casques bleus déployés au Mali, qui est jugé trop limité. Ceci passe «par des contributions obligatoires» des membres de l’ONU, a-t-il estimé. Mais les États-Unis ont opposé une fin de non-recevoir à cette demande, en raison de leur opposition ancienne à voir l’ONU s’impliquer dans la force G5 Sahel. «Nous n’accepterons aucune proposition allant dans ce sens au Conseil de sécurité», a rétorqué sèchement la représentante américaine.
Amy Tachco a demandé aux pays ayant prévu des contributions financières de «décaisser les fonds promis».«Une combinaison d’appuis bilatéraux et multilatéraux au Sahel permettra de satisfaire les besoins financiers et logistiques de la force », a-t-elle ajouté.
Face à l’intransigeance des Etats-Unis, qui rappelle que leur gouvernement a mobilisé des millions de dollars pour la lutte antiterroriste dans le Sahel dans le cadre de ses relations bilatérales, il semble que le secrétaire général de l’ONU tient lui aussi à ce que le G5 Sahel « puisse disposer des ressources financières et matérielles nécessaires à son efficacité». «Nous ferons un plaidoyer très fort pour que le G5, et nous demandons également le développement du Sahel parce qu’il n’y a pas de paix sans développement», a déclaré M. Guterres.
Formée de troupes du Niger, du Tchad de la Mauritanie, du Mali et du Burkina Faso, la force G5 Sahel doit comprendre à terme 5 000 militaires.