A l’instar du marché de fruits, légumes, viandes rouge et blanche de la commune de Chéraga (ouest), qui a fait l’objet d’une fermeture depuis mercredi dernier sur décision du wali, c’est le marché de Bachdjarah qui, à son tour, tombe sous le coup de la même mesure depuis dimanche dernier par arrêté de wilaya.
Ce faisant, il faut s’attendre à ce que la liste des marchés de proximité fermés du Grand-Alger s’allonge par mesure préventive compte tenu de la recrudescence, ces derniers jours, du nombre de nouveaux cas atteints par le coronavirus. Dans cette même stratégie de lutte pour casser les vecteurs de transmission de la pandémie du coronavirus, et toujours en ce qui concerne la wilaya d’Alger, le président de l’Assemblée populaire communale de Baraki (P/APC) El Hadj Ghazi a pris la décision d’interdire les points de vente de moutons à l’approche de l’Aïd El Adha sur tout le territoire de sa commune. Non sans avertir que des sanctions sont prévues à l’encontre des personnes contrevenantes à cette mesure. Il faut dire que cette interdiction est une sage décision si l’on tient compte que Baraki est devenu, au fil des années, le marché de prédilection des pères de famille pour l’achat du mouton de l’Aïd. Et d’où il est facile de déduire le nombre élevé de personnes que peuvent drainer les points de vente qu’abrite Baraki et, par voie de conséquence, devenir un foyer de contamination à grande échelle. Un scénario des plus redoutables qu’on pourrait s’épargner pour peu que la décision du P/APC soit suivie dans toutes les communes réputées abriter des points de vente de moutons pour la célébration du rite religieux.
Pour rappel, certaines wilayas ont procédé à la fermeture des marchés à bestiaux après la diffusion des images de certains de ces marchés, qui étaient bondés sans aucun respect des mesures de protection sanitaire recommandées. Et au moment même de la montée fulgurante des cas de coronavirus, en Algérie, ces wilayas vont sans aucun doute, notamment celles concernées par les nouvelles mesures de confinement, passer à d’autres restrictions avec en ligne de mire les espaces de grande affluence, à l’image particulièrement des marchés des fruits, légumes, viandes et produits de la mer ainsi que les marchés à bestiaux. C’est ce que soutiennent les associations de protection des consommateurs approchées par Reporters. Ces dernières nous ont affirmé que cette crise sanitaire devrait nous pousser à mettre de l’ordre dans nos marchés, que ce soit ceux réservés aux bestiaux ou ceux des fruits et légumes, pour assurer la sécurité, notamment sanitaire des citoyens. « C’est vrai, le temps presse et la situation sanitaire se complique, mais on a toujours une marge de manœuvre pour rattraper le retard, c’est une question de volonté », soutiennent des responsables d’association de protection des consommateurs. A notre question de savoir si la fermeture de marchés de fruits et légumes ainsi que les marchés à bestiaux et l’interdiction de points de vente du mouton de l’Aïd s’imposaient face à la recrudescence actuelle de la pandémie ? Nos vis-à-vis se rejoignent à dire, surtout en ce qui concerne l’Aïd El Adha de cette année, que les points de vente doivent être organisés par les autorités locales, car c’est à elles qu’incombent la mission de faire respecter les mesures de protection sanitaires. Concernant les marchés de fruits et légumes, là encore, nos vis-à-vis concèdent que « leur fermeture sera certes dure à supporter par les citoyens, mais cela s’imposait après qu’il a été démontré que ces lieux sont devenus des foyers de contaminations à haut risque de par l’irresponsabilité et l’insouciance autant des vendeurs que des acheteurs ». Et de conclure enfin : « Face au risque élevé de contamination dans ces endroits de grande influence, leur fermeture pour une période fixée par les autorités locales est devenue incontournable, du moins jusqu’à ce que la courbe des cas de personnes affectées soit descendante ». n