La reprise des cours à l’université, suspendus depuis le début du mois de mars à cause de la pandémie du coronavirus, est prévue à mi-août prochain et sera marquée par le recours à des cours intensifs afin de rattraper le retard dans le suivi des programmes pédagogiques. Il sera aussi procédé à une évaluation du mode de l’enseignement à distance auquel avait eu recours les établissements de l’enseignement supérieur en raison du confinement mais dont le suivi est loin d’être une réussite, à l’exception de quelques facultés où enseignants et étudiants ont pu accomplir des parties du programme.
Intervenant mardi devant des membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de l’Enseignement supérieur, Chames Eddine Chitour, a fait part de la consécration, à partir de la fin août, de cinq semaines pour dispenser des cours intensifs dans toutes les universités afin de rattraper le retard accusé et d’évaluer le processus de présentation de cours et de conférences via Internet, auquel on a eu recours en raison du confinement sanitaire.
Cette option sonne visiblement comme une nécessité vu l’éloignement des étudiants des bancs des universités au moment où des organisations des enseignants universitaires, comme la section Cnes de l’université de Tizi Ouzou, n’ont pas cessé de pointer l’inadaptation de la réalité de l’Université algérienne avec les exigences de la situation particulière pour prétendre assurer la continuité des cours.
La même section évoquait inlassablement «le déphasage» des solutions préconisées par l’administration de l’université avec la situation «chaotique» qui prévaut dans les facultés.
Néanmoins, les questions soulevées de façon itératives par les enseignants ne semblent pas être tombées dans l’oreille d’un sourd puisque le premier responsable du secteur a fait part, dans son oral devant les députés, de la nécessité de mettre l’enseignant universitaire dans de meilleures conditions pour qu’il puisse accomplir sa mission.
M. Chitour a souligné dans ce sens l’importance de réunir les conditions nécessaires au profit de l’enseignant, à l’effet d’améliorer la rentabilité de l’Université algérienne et de stopper la fuite des cerveaux, s’engageant à «revoir l’ensemble du système des œuvres universitaires».
Sur un autre registre, il a annoncé la signature prochainement de «conventions pédagogiques» entre les universités du Nord et celles du Sud du pays pour permettre à ces dernières d’encadrer des étudiants dans certaines spécialités connaissant un certain déficit en matière d’encadrement.
M. Chitour a expliqué, par la même occasion, que dans l’objectif de fournir l’encadrement pédagogique nécessaire aux étudiants du Sud, des conventions seront conclues entre les universités du Nord et celles du Sud qui connaissent un déficit en termes de certaines disciplines, précisant que «relever le niveau des universités du Sud est l’une des priorités du ministère».
En vertu de cette initiative, des enseignants des universités du Nord seront sollicités pour fournir des cours de soutien et des stages ainsi que des cours pratiques par étapes au profit des étudiants du Sud dans certaines disciplines en attendant l’établissement d’un accord sur le type et la méthode de la coopération pédagogique entre ces universités.
Ces conventions pédagogiques seront couronnées de certificats de fin d’études cosignés par les deux universités concernées, a relevé le ministre.
Sur un autre volet, M. Chitour a fait état du projet de réalisation d’une école spécialisée en intelligence artificielle dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah comme première étape de préparation à la création de huit écoles, projet prévu pour 2021. N. B.