La propagation rapide du nouveau coronavirus à propos de laquelle s’est dit s’attendre le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, fait craindre «le pire», comme il l’avait indiqué il y a quelques semaines et l’a encore réitéré samedi dernier. Pour faire face au nombre de contaminés au Covid-19 qui est appelé à «augmenter les prochains jours» et pour pouvoir les traiter à temps, le Pr Benbouzid a décidé d’accorder aux spécialistes l’utilisation du scanner thoracique comme alternative pour le dépistage du Covid-19, et ce, afin d’éviter la détérioration de l’état du patient en lui administrant, sans tarder, le protocole de traitement à la Chloroquine.

«Il convient de recourir au scanner thoracique pour le diagnostic des atteintes pulmonaires dues au nouveau coronavirus afin que le traitement à la Chloroquine puisse être administré rapidement aux patients avant la détérioration de leur état et la propagation de l’épidémie», a déclaré le ministre devant les membres de la cellule de crise installée au niveau du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Mustapha-Pacha dimanche.
Une décision qui a été bien accueillie par le chef du service d’imagerie du CHU Mustapha-Bacha, le Pr Chafaa Aimeur. «Le scanner peut être fait en quelques secondes et être interprété en quelques minutes, ce qui permet d’administrer le traitement rapidement et de placer le patient sous surveillance médicale directement au lieu d’attendre 24 heures pour obtenir les résultats du dépistage par PCR», a-t-il expliqué.
Le ministre a rassuré que si beaucoup de patients arrivent au niveau des services hospitaliers avec l’augmentation attendue du nombre de cas dans les prochains jours, des «cliniques privées d’imagerie médicale se tiennent prêtes à offrir leurs services si les hôpitaux sont submergés».
S’exprimant à son tour, le directeur des activités médicales et paramédicales, le Pr Mohamed Belhadj, est revenu sur les mesures préventives et les précautions prises par l’établissement, notamment l’installation d’une cellule de crise et l’organisation de l’orientation des patients entre les services mobilisés, précisant que l’hôpital recevait entre 10 et 15 cas par jour. L’hôpital dispose d’une capacité de 150 lits pouvant être élargie, selon les besoins, aux services de médecine interne, de pneumologie et des maladies infectieuses, a-t-il fait savoir. A ce propos, le Pr Benbouzid a souligné que «si la situation venait à s’aggraver, il sera fait appel à certaines cliniques privées pour l’hospitalisation des cas complexes, notamment celles disposant de respirateurs artificiels».
Protéger les personnels de la santé publique
Le Pr Samia Taghit, chef de service de pneumologie, a insisté sur «l’impératif de protéger les personnels de la santé publique qui veillent, jour et nuit, à la prise en charge des malades», sachant que ce personnel est très exposé à la contamination. Pour le Pr Noureddine Smail, chef de service épidémiologie, «il est impératif de communiquer tous les chiffres sur les cas supposés atteints et les décès, et ce, même s’il est impossible de s’assurer que certains cas de décès étaient porteurs du virus avant d’avoir effectué les analyses». Il suffirait de savoir que «la personne souffrait d’une très forte fièvre et d’autres symptômes pour la porter comme cas sur la liste des personnes atteintes», a-t-il suggéré.
Pour sa part, le directeur du CHU, Abdessalem Benana, a assuré de la disponibilité d’un stock suffisant de tests de dépistage du coronavirus, ce qui allégera la pression sur l’Institut Pasteur et permettra de prendre en charge les personnels de la santé au niveau de l’hôpital.
Le Pr Benbouzid a, par ailleurs, affirmé que les cas dépistés positifs au Covid-19, sans signes de gravité, et les sujets ayant été en contact étroit avec ces derniers seront hébergés dans des hôtels, lorsque les hôpitaux ne seraient plus en mesure de prendre en charge tous les cas infectés. Cette solution préconisée «à travers tout le territoire national, est la solution idoine pour endiguer la propagation» de la pandémie. Cela permettra de «mieux contrôler ces cas et de s’assurer qu’ils ne contamineront personne», vu le suivi strict auquel ils sont soumis dans ces structures». Le ministre n’a pas manqué de souligner, encore une fois, que «le nombre de personnes infectées sera revu à la hausse à travers différentes wilayas dans les prochains jours», une façon de préparer le personnel du CHU Mustapha-Bacha à ce qui l’attend…