L’expert dans le domaine de la sécurité routière Mohamed Lazouni et président de l’association nationale Tariq Essalama, dresse un tableau de la situation qui prévaut sur nos routes et dont sont victimes chaque jour des Algériens de tous les âges. M. Lazouni réagit après le carnage de dimanche, qui a coûté la vie à 11 personnes dans la wilaya de Sétif, suite à une collision mortelle entre une semi-remorque et un bus de voyageurs.

Il ne manquera pas, à l’occasion de ce douloureux événement qui a endeuillé les Algériens, de rappeler avoir déjà évoqué avec les autorités concernées le dossier de la conduite des poids-lourds en recommandant des tests que doivent obligatoirement subir les prétendants au métier de chauffeur dans cette catégorie.
Ces tests concernent le quotient intellectuel du candidat, d’une part, et son état psychologique, d’autre part, précise notre interlocuteur, expliquant que « dans les pays développés, les chauffeurs de véhicules poids-lourd subissent obligatoirement un test de quotient intellectuel et doivent satisfaire aux conditions en la matière, alors que chez nous, la plupart de ces chauffeurs se contentent d’un niveau intellectuel très modeste ».
S’agissant du test psychologique, l’expert en sécurité routière affirme qu’il est plus que nécessaire dans la mesure où il permet de «déterminer le profil du conducteur et voir si ce dernier ne représente pas un danger pour la circulation routière », justifie-t-il.
« Délivrer un permis pour poids-lourd ne doit pas relever du social et donc, il faut insister sur cette question de tests intellectuels et psychologiques », insiste l’intervenant, avant de dire, une nouvelle fois encore, ce qu’il a déjà dit, à savoir que « dans notre pays, il existe même des auto-écoles qui délivrent à leurs candidats des permis de conduire pour semi-remorque alors que ces derniers se sont contentés d’apprendre au volant de camions sans avoir touché de semi-remorque ». Relevant une moyenne de 10 à 12 accidents routiers qui se produisent quotidiennement en Algérie, M. Lazouni réfute la thèse selon laquelle la wilaya de Sétif détiendrait le record en la matière. « Dire que le plus grand nombre d’accidents et de décès est causé sur les routes de Sétif est faux », dément le président d’une association présente dans 26 wilayas, et qui réclame « les moyens nécessaires pour accomplir son rôle dans les meilleures conditions possibles ».
« Sétif ne doit cette réputation qu’à sa position de carrefour de plusieurs régions du pays », explique-t-il encore. Invité à donner son avis sur la tenue, samedi dernier, d’un conseil interministériel consacré à l’examen du dossier relatif à la création d’une délégation nationale de sécurité routière, M. Lazouni répondra par une autre question : « Je me demande si, après sa création, cette structure, qui aura les prérogatives d’un vrai ministère, pourrait être dotée de moyens suffisants pour exercer ses fonctions ? »