La Banque d’Algérie vient de reconduire jusqu’au 31 mars 2021 ses mesures d’allégement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers. C’est la deuxième fois que la banque centrale dispense les banques de l’obligation de constituer des réserves de sécurité. Ces mesures s’inscrivent dans le but «d’aider les entreprises nationales confrontées aux répercussions de la crise sanitaire», explique la banque centrale dans un communiqué diffusé jeudi. «La Banque d’Algérie a reconduit, pour la deuxième fois jusqu’au 31 mars 2021, les mesures d’allégement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers contenues dans l’instruction n 05 du mois d’avril 2020», a précisé la même source dans son communiqué. Les mesures en question portent sur l’obligation de constituer des réserves de sécurité ainsi que sur le paiement des créances détenues par les banques sur les entreprises. Pour tenter de libérer les liquidités bancaires, la banque centrale vient de dispenser pour la deuxième fois les banques de la place de l’obligation de constituer des réserves de sécurité. «Il s’agit de réduire le seuil minimum du coefficient de liquidité, de dispenser les banques et les établissements financiers de l’obligation de constitution du coussin de sécurité», souligne le communiqué de la banque centrale. La dernière prorogation en date de cette mesure remonte au 16 octobre dernier, lorsque la Banque d’Algérie a décidé de perpétuer jusqu’à fin 2020 la mesure dispensant les banques de constituer un «coussin de sécurité». Cette disposition avait pour objectif «d’alléger l’impact de la pandémie du Covid19 sur le secteur économique national et de garantir les conditions indispensables à la poursuite de l’activité économique».
C’est une mesure qui intervient à l’issue de trois baisses consécutives du taux des réserves obligatoires des banques depuis le mois de mars dernier. Celui-ci a été baissé de 10 à 8%, de 8 à 6% et de 6 à 3% jusqu’à ce que les banques soient dispensées totalement de cette obligation. Ces baisses témoignent d’une érosion accélérée des liquidités bancaires depuis le début de l’année en cours, alors que les besoins de financement évoluaient en hausse sous l’effet du choc pandémique. Dans un communiqué sur la situation économique durant le premier trimestre 2020 et les perspectives d’évolution, la Banque centrale avait indiqué que «la liquidité globale des banques a poursuivi sa baisse en 2020, passant de 1.557,6 milliards de dinars à fin 2018, à 1.100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020, soit une contraction de la liquidité bancaire de 184,2 milliards de dinars par rapport à son niveau enregistré à fin 2019». Par ailleurs, dans son communiqué de jeudi dernier, la banque centrale a indiqué également qu’il est prévu de reporter le paiement des tranches de crédits arrivant à échéance, ou procéder au rééchelonnement des créances de la clientèle impactée par la conjoncture induite par la Covid-19, et d’assurer la poursuite des financements en faveur des bénéficiaires des mesures de report ou de rééchelonnement des créances. «Cette mesure est prise dans le cadre de la poursuite des aides en faveur des entreprises nationales à l’effet de réduire les répercussions de la crise sanitaire sur leur fonctionnement», a souligné la Banque d’Algérie.