Alors que le port des masques ou bavettes devient obligatoire, les prix de ces moyens de prévention contre le coronavirus (Covid-19) ainsi que leur disponibilité ont fait l’objet de discussions entre les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, le ministère du Commerce et autres intervenants.
Il en ressort que «les prix sont plafonnés au plus bas, soit à 40 DA, afin de les rendre accessibles à tous les citoyens, cela d’autant que le port de ces masques ou bavettes devient désormais obligatoire», a fait savoir le Pr Ryad Mahyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus et chef de service réanimation au CNMS. Il ajoutera, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, que «les masque ou la bavette pourront même être achetés à moins de 40 DA car le prix peut ne pas atteindre le plafond parfois. Cela d’autant que beaucoup se sont mis à les fabriquer et qu’il va y avoir une grande quantité de ces masques qu’on appellera «masques grand public» ou «masques alternatifs». Je pense que les prix seront des plus abordables pour le citoyen algérien».
Afin de les rendre disponibles, des mesures sont prises pour faire participer les centres de formation professionnels, les ateliers de confection, les couturières et autres. D’où «la disponibilité sera assurée», selon le membre du Comité scientifique pour qui le «challenge» était d’«assurer la disponibilité des masques, ensuite les rendre obligatoires».
Concernant les mesures prises pour les deux jours de l’Aid, il a estimé qu’elles sont «nécessaires et obligatoires pour endiguer la propagation» de Covid-19, d’autant que «pendant le ramadan, on a enregistré un nombre élevé de contaminations par jour, de l’ordre de 180 cas/jour, et on n’arrive pas à décrocher, et ce, dès qu’il y a eu un petit allégement», a-t-il regretté. Pour lui, «il nous faut maintenant consolider les mesures et miser beaucoup plus sur la prévention, car c’est le seul moyen de s’en sortir». Il a cité, dans ce sens, l’exemple d’une ville en Allemagne qui a réussi à avoir zéro cas de contamination après avoir appliqué, durant un mois, en avril dernier, le port obligatoire du masque. Il notera, également, que «les mesures barrières sont édictées depuis le début de la pandémie.
Une grande sensibilisation a eu lieu sur les médias, à travers des spots publicitaires, sur les plateaux de télévision, à la radio, etc. Tout le monde les connait, on ne peut pas dire le contraire. Ce qui reste à faire maintenant, c’est le respect de ces mesures barrières».
Et parmi ces mesures, il cite en premier lieu la «nécessité de porter un masque pour se protéger ou éviter de contaminer son vis-à-vis», rappelant qu’au début de la pandémie, tout le monde utilisait les masques chirurgicaux, mais, aujourd’hui, ces derniers sont réservés au personnel médical et il y a d’autres masques qui font leur entrée.
Le nombre de cas élevé de contaminations/jour inquiète
La deuxième mesure importante est «le lavage des mains à l’eau savonneuse, tandis que la troisième est la distanciation physique d’un mètre au moins», a encore tenu à noter l’invité de la Radio. «Au départ, c’était des recommandations, il y a eu une très grande adhésion à ces mesures et cela avait donné des résultats. Mais le constat actuel est qu’il y a un relâchement. Ces mesures sont devenues obligatoires car leur non-respect devient dangereux pour la santé publique».
En effet, selon le Pr Mehyaoui, «le non-respect des mesures de prévention contre la pandémie fait craindre le pire au Comité scientifique. On a peur quand on voir que les cas augmentent», a-t-il avoué, expliquant que «le nombre de cas quotidien dépistés positifs au Covid-19 et qui ne veut pas décrocher est une véritable source d’inquiétude».
Pour l’heure, il préfère ne pas parler encore de déconfinement étant donné que le confinement en vigueur se poursuit jusqu’à la fin du mois en cours. Il déclare qu’«il est prématuré de parler de déconfinement aujourd’hui, car le plus important c’est de rester conscient et vigilant, solidaire et surtout respecter les mesures de prévention». Il a expliqué que pour envisager le déconfinement, «il faut arriver, préalablement, à faire porter le masque à toute la population, avoir les capacités de dépistage, pouvoir renouveler rapidement les stocks de moyens de prévention et atténuer la pression sur le personnel de santé». «On ne sait pas ce qui va se passer, mais le port du masque est un élément salvateur», a-t-il soutenu.
Revenant aux mesures restrictives prises pour les deux jours de l’Aid, il a expliqué qu’elles ont été prises suite aux enquêtes épidémiologiques. «Dans leur majorité, les enquêtes épidémiologiques ont prouvé que toutes les contaminations étaient beaucoup plus familiales. C’est dire que les rassemblements familiaux, comme les fêtes de mariages et autres, sont les plus pourvoyeurs de contaminations et de cas nouveaux» confirmés de coronavirus», a-t-il souligné, non sans recommander, encore une fois, de porter une bavette à chaque fois que la personne sort de chez elle.<