L’institut Pasteur d’Alger fonctionne actuellement à un rythme qui varie entre 120 et 130 analyses, au quotidien, de prélèvements sur des personnes présentant des symptômes du Covid-19. Ce qui reste très insuffisant devant le danger du virus. Une carence qui va bientôt être comblée si l’en on croit le docteur Fawzi Derrar, directeur général de l’institut Pasteur d’Alger par intérim. Selon ce dernier, qui était hier l’invité du Forum du quotidien national El Moudjahid, deux annexes de l’Institut ont été installées, l’une à Constantine et l’autre à Oran. « Lesquelles sont opérationnelles et vont, d’une part, doubler le nombre de tests d’analyses et, d’autre part, mettre moins de pression sur l’équipe d’épidémiologiste dont dispose l’institut. Autrement dit, avec cet apport supplémentaire il sera plus facile d’exécuter et dans un temps très court – une demi-journée tout au plus- un plus grand nombre d’analyses de prélèvements effectuées par les 21 groupes de médecins chargés de la détection systématique de cas ». Ce responsable a par ailleurs tenu à faire savoir à l’auditoire que « le but recherché à travers l’apport des analyses issues des deux annexes est la possibilité de déterminer comment a évolué la propagation du Covid-19 depuis la découverte du premier cas le 9 janvier dernier ». Et d’ajouter dans ce sens : « Il nous faut urgemment que l’on dispose de suffisamment de données fiables pour réagir en conséquence ». Interrogé par une consœur si l’institut Pasteur était en mesure de doubler la cadence des analyses si nécessaire, l’invité du Forum s’est contenté dire « pour l’instant nous faisons face » et de souligner au passage que son institut disposait de quantités suffisantes de réactifs nécessaires pour les besoins d’analyses ». Autre question, le nombre actuel de cas (72 et 6 décès, chiffres en début de matinée d’hier) ne pousse pas à l’inquiétude ? Il a confié : « Tant que nous ne sommes pas arrivés à 100 cas et un taux de mortalité inférieur à 1%, nous pouvons dire que la situation est maîtrisable mais au-delà de 100, il faudra penser à passer au stade 3, c’est-à-dire au confinement ». Mais toujours est-il que ce responsable s’est montré optimiste dans le sens où il a estimé que la période d’incubation du virus chez une personne ne peut dépasser les quinze jours. « Et comme il a été démontré, tous les cas révélés ont une origine externe au pays, c’est-à-dire des virus importés et nos frontières sont fermées depuis mardi. On sera fixé si l’épidémie s’est éloignée ou pas à partir du 3 ou 4 avril prochain ». Par contre, le docteur a tenu à faire remarquer dans ce sillage : « Tout va dépendre du respect des consignes de précautions chez les citoyens, notamment de s’imposer des mesures de confinement primaires et surtout de s’éloigner de tout contact car c’est à cet instant que le risque de contamination est élevé ».
En conclusion, le directeur général par intérim a tenu à rappeler que le Coronavirus a aussi ces points faibles et qu’il s’apparente à la grippe saisonnière à la seule différence que Covid-19 a cette particularité de se propager très rapidement. « Et face à une infection qui va très vite, les conseils de prévention demeurent des barrières de protection très efficaces », a conclu l’invité du Forum.<