L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé à une plus grande solidarité vaccinale dans la lutte contre la Covid-19, en donnant la priorité au mécanisme Covax. «Je demande instamment aux fabricants de donner la priorité au déploiement des vaccins par le biais du mécanisme Covax mis en place par l’Organisation mondiale de la santé et ses partenaires», a déclaré, vendredi dernier, le chef de l’agence de l’ONU, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse. Il a aussi demandé aux pays riches de cesser de conclure des «accords bilatéraux» avec les laboratoires pharmaceutiques, en martelant : «Et je demande instamment aux pays et aux fabricants de cesser de conclure des accords bilatéraux au détriment du Covax.»
Le patron de l’OMS a ainsi expliqué que ces accords bilatéraux, qui ont été signés au départ par les pays riches auprès des groupes pharmaceutiques et désormais également par les pays à revenu intermédiaire, risquent «de faire grimper le prix» des vaccins au détriment de tous.
Cet appel intervient alors que l’Union européenne, sous le feu des critiques pour un démarrage poussif des campagnes de vaccination, a doublé cette semaine ses précommandes du vaccin anti-Covid Pfizer-BioNTech.
Expliquant la gravité de cette situation, le responsable de l’OMS souligne que «cela signifie que les personnes à risque élevé dans les pays les plus pauvres et les plus marginalisés ne recevront pas le vaccin» affirmant que «le nationalisme vaccinal nuit à tout le monde». Il a également demandé aux pays qui ont commandé plus de vaccins que nécessaire de les «donner (…) immédiatement au Covax qui est prêt à les distribuer équitablement dès aujourd’hui». Le responsable de l’OMS a aussi déclaré que 42 pays ont lancé des programmes de vaccination, dont 36 pays à revenu élevé et 6 à revenu intermédiaire. Des campagnes de vaccination massives ont, en effet, été lancées dans certains des pays les plus riches, dont les Etats-Unis, le Canada, les pays de l’Union européenne ou le Royaume-Uni.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a déploré dans ce sillage le fait que «les pays à faible revenu et la plupart des pays à revenu intermédiaire ne sont pas encore en train de recevoir le vaccin». Il estime que «c’est un problème que nous pouvons et devons résoudre ensemble grâce au Covax», en soulignant «qu’aucun pays ne devrait vacciner toute sa population alors que certains restent sans approvisionnement en vaccin».
Concernant le lancement du début de la vaccination à travers le mécanisme Covax, le patron de l’OMS a affirmé que «le Covax a obtenu des contrats pour deux milliards de vaccins (…) que nous sommes prêts à déployer dès que les vaccins seront livrés». Les premières doses seront livrées dans les prochaines semaines, selon l’OMS, soit entre la fin du mois de janvier courant et le mois de février prochain.
Pour rappel, le mécanisme Covax a été mis en place par l’OMS et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) pour assurer un accès équitable aux vaccins anti-Covid. L’objectif de l’OMS est de fournir des doses jusqu’à 20% de la population des pays participants au Covax avant la fin de l’année. Le financement de ces vaccins étant assuré pour les 92 pays les plus pauvres ou un peu plus riches du monde, dont l’Algérie.
Selon l’OMS, 63 candidats vaccins ont déjà fait l’objet d’essais sur l’homme et 21 d’entre eux ont atteint le stade final des essais massifs. En outre, 172 autres candidats vaccins ont été développés en laboratoire en vue d’essais ultérieurs sur l’homme. n