Les talibans maintenaient mercredi la pression militaire sur le nord de l’Afghanistan, jusqu’à la frontière tadjike, encerclant depuis deux semaines la ville de Kunduz à deux jours d’une visite officielle du président afghan à Washington. Depuis le début du retrait des forces américaines le 1er mai, les insurgés multiplient les offensives et infligent pertes et défaites à l’armée afghane, censée se préparer à faire front sans le soutien occidental. Les combattants talibans contrôlent depuis mardi la principale route de sortie vers le Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l’Asie centrale, tombé en une heure, selon des sources locales contactées par l’AFP. Les forces afghanes en déroute ont dû pour certaines trouver refuge côté tadjike. Au lendemain de la prise du poste-frontière de Shir Khan, les insurgés contrôlent également toujours les autres points de passage, selon les responsables provinciaux. Le ministre de la Défense Bismillah Khan Mohammadi s’est rendu sur le front et a posté la vidéo sur Twitter. Dans un communiqué, il a juré «de défendre l’Afghanistan à tout prix», sans annoncer de renforts. Il s’est en revanche félicité de voir les milices locales renforcer les soldats. En face, l’Emirat islamique (les talibans) a salué mercredi ses troupes: les moudjahidines ont «nettoyé de nombreux districts, bases, postes de contrôle ennemis» et permis d’y «restaurer la paix et la sécurité», s’est-il félicité dans un communiqué.