Les talibans ont accusé mardi les Etats-Unis de bloquer les négociations de paix visant à aboutir à un retrait des troupes américaines d’Afghanistan après 18 ans de guerre.
Les talibans «ont la volonté et les capacités de parvenir à une résolution», a déclaré leur porte-parole Zabihullah Mujahid sur Twitter. «Les nombreuses exigences américaines et les querelles entre les Etats-Unis et les responsables de Kaboul nuisent aux négociations», a-t-il critiqué. Il «devrait s’abstenir de chercher à rendre les autres responsables (de la situation actuelle, ndlr). Notre position est claire et précise, contrairement à eux», a-t-il ajouté. Lors d’une rencontre lundi en Ouzbékistan avec des responsables d’Asie centrale, Mike Pompeo avait affirmé que les rebelles devaient apporter «des preuves vérifiables de leur volonté et leur capacité à réduire la violence» pour parvenir à un accord. L’émissaire des États-Unis chargé des négociations avec les talibans, Zalmay Khalilzad, a récemment repris ses déplacements pour rencontrer les différentes parties impliquées dans le dossier afghan. Il a ainsi rencontré samedi le président afghan Ashraf Ghani, au lendemain d’un déplacement au Pakistan où il a rencontré plusieurs responsables de haut niveau parmi lesquels le puissant général Qamar Javed Bajwa.
Les États-Unis et les talibans semblaient proches d’un accord de paix début septembre, mais le président Donald Trump avait rompu les négociations après un énième attentat à Kaboul, revendiqué par les insurgés, qui avait fait douze morts dont un soldat américain. Les discussions ont repris le 7 décembre dans un contexte de réduction de la violence dans la capitale. Après une nouvelle brève pause à la suite d’une attaque des talibans, cette fois contre la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul, les pourparlers semblaient avoir repris à Doha, où les deux parties se sont déjà rencontrées à de multiples reprises depuis un an.