L’émissaire américain pour l’Afghanistan, Zalmay Khalilzad, a rencontré les talibans au Qatar, ont annoncé les insurgés samedi, les efforts pour relancer le processus de paix inter-afghan s’intensifiant face à la montée des violences et l’incertitude autour du retrait des troupes étrangères. Il s’agit de la première visite au Qatar de l’émissaire américain depuis qu’il a été confirmé dans ses fonctions fin janvier par le nouveau président des Etats-Unis, Joe Biden. En début de semaine, Zalmay Khalilzad, s’était entretenu à Kaboul avec les dirigeants afghans, dont le président, Ashraf Ghani, ainsi qu’Abdullah Abdullah, le président du Haut conseil pour la Réconciliation nationale, l’organisme gouvernemental qui supervise le processus de paix au Qatar. Sur Twitter, un porte-parole des talibans, Mohammad Naeem, a révélé que M. Khalilzad avait rencontré vendredi les négociateurs talibans à Doha, dont le mollah Abdul Ghani Barada. «Les deux parties ont exprimé leur engagement envers l’accord de Doha et ont discuté de sa mise en oeuvre complète. La situation actuelle de l’Afghanistan ainsi que la rapidité et l’efficacité des négociations inter-afghanes ont également été évoquées», a écrit le porte-parole. Des incertitudes planent sur l’avenir des Etats-Unis en Afghanistan, après que la Maison Blanche a annoncé son intention de revoir un accord de retrait négocié par M. Khalilzad et les talibans à Doha l’année dernière. Selon cet accord, Washington doit se retirer d’Afghanistan en mai, mais une recrudescence des combats a fait craindre qu’un départ rapide des forces américaines ne déclenche un chaos encore plus grand avec des pourparlers inter-afghans qui piétinent. En échange du retrait des Etats-Unis, les talibans ont dû donner des garanties sécuritaires et s’engager à rompre tout lien avec les organisations terroristes comme Al-Qaïda. Mais, sur le terrain, l’Afghanistan vit presque quotidiennement au gré d’attaques contre les forces gouvernementales ou de tentatives d’assassinats ciblés contre des personnalités de la société civile.