L’émissaire américain pour l’Afghanistan Zalmay Khalilzad s’est rendu hier dimanche à Kaboul pour des consultations avec les autorités afghanes au sujet des négociations avec les Talibans. La mission de l’envoyé spécial de Washington intervient dans un contexte d’apaisement apparent entre les Etats-Unis et les Talibans, qui négocient depuis plusieurs semaines à Doha au Qatar pour réduire voire faire cesser les violences.
Ce contexte demeure cependant empreint de méfiance de part et d’autre, plus manifestement entre le mouvement fondamentaliste islamiste et le pouvoir afghan en place mais tenu à l’écart des négociations directes avec les insurgés.
Alors que l’émissaire US a fait part de son optimisme au terme du huitième et dernier jour du 9e cycle de pourparlers dans la capitale qatarie, les Talibans ont, en effet, lancé samedi, la veille, une offensive sur la ville stratégique de Kunduz, dans le nord du pays. Pour le porte-parole du président afghan Ashraf Ghani, Sediq Sediqqi, cela démontre que les Talibans «ne croient pas à l’opportunité de paix portée par les Etats-Unis et le gouvernement afghan ».
Il n’en demeure pas moins que selon Zalmay Khalilzad les Etats-Unis et les Talibans sont sur «sur le point de conclure un accord ».
« Nous sommes sur le point de conclure un accord qui réduira la violence et ouvrira la voie aux Afghans pour s’asseoir ensemble pour négocier une paix honorable et durable », a-t-il tweeté Le porte-parole des Talibans à Doha, Suhail Shaheen, avait affirmé de son côté samedi que l’accord était « presque finalisé ». Un tel accord « devra permettre le retrait des forces américaines et assurer la sécurité du territoire américain », «pas sur la base d’une confiance aveugle », mais « d’engagements clairs qui feront l’objet d’une vérification », a insisté le porte-parole du département d’Etat. « Si et quand nous serons en mesure d’annoncer un accord, le processus laissera la place aux négociations interafghanes, où les Talibans s’assiéront avec les autres Afghans pour s’engager ensemble en faveur d’un cessez-le-feu permanent et global», a-t-il ajouté.
Quelque 13 000 soldats américains sont actuellement encore déployés en Afghanistan où les Etats-Unis sont intervenus en 2001 pour traquer le réseau jihadiste Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 Septembre, et déloger les talibans alors au pouvoir à Kaboul. Les effectifs américains ont atteint jusqu’à 98 000 hommes en 2011. Désireux de mettre un terme aux «guerres sans fin » et de « ramener les gars à la maison », Donald Trump avait autorisé il y a un an ces pourparlers directs inédits avec les Talibans. Jeudi dernier, le président des Etats-Unis a annoncé qu’en cas d’accord, 8 600 soldats américains resteraient dans un premier temps en Afghanistan. Mais il pourrait ne s’agir que d’une première étape et l’accord pourrait prévoir un calendrier pour un retrait bien plus conséquent, même si Donald Trump a promis de maintenir une « présence » non détaillée.
Ce retrait, principale revendication des Talibans qui le veulent total, se ferait en échange de l’engagement des insurgés que les territoires qu’ils contrôlent ne soient plus utilisés par Al-Qaïda ou d’autres groupes « terroristes ». Un tel accord aiderait à créer « un Afghanistan souverain et unifié qui ne menacera pas les Etats-Unis, ses alliés ou tout autre pays », a ajouté M. Khalilzad dans son tweet hier dimanche.