PAR MILINA KOUACI
Les avis sur la cadence du déroulement de l’opération de vaccination ciblant les travailleurs de l’Education nationale diffèrent. Si la demande a augmenté, selon certains syndicalistes, d’autres estiment que l’opération de vaccination est «lente» en raison de son rejet. Les parents d’élèves appellent, pour leur part, le personnel du secteur à se faire vacciner afin d’éviter de faire des écoles des foyers de contamination.
Le ministère de l’Education nationale, qui a décidé d’avancer les vacances scolaires d’une semaine, en raison de la propagation de coronavirus dans le milieu scolaire, a lancé depuis dimanche une campagne de vaccination au profit du personnel de son secteur. Une campagne qui se poursuit pour le deuxième jour consécutif dans des points de vaccination réservés.
Dans tous les cas, «seule la sensibilisation et une grande prise de conscience permettront d’épargner la famille éducative des risques de contamination», dit Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef). Pour lui, la vaccination est vitale et revêt une grande importance en milieu scolaire : «Cette campagne ne pourra réussir qui si on arrive à convaincre de son importance et de sa nécessité sans la rendre toutefois obligatoire.» Il indique que l’opération de vaccination coordonnée entre les secteurs de la Santé et de l’Education s’étend dans le milieu scolaire, notamment, dans les wilayas du Sud. «D’après nos échos, le personnel de l’Education s’est rapproché, ces deux derniers jours, des points de vaccination. Je ne dirai pas que l’adhésion est massive, mais acceptable, notamment dans les wilayas du Sud», ajoute notre interlocuteur. Cependant, il explique que la vaccination est une opération qui nécessite beaucoup de temps, de sensibilisation et une prise de conscience pour parvenir aux résultats souhaités. Il rappelle que les syndicats se sont impliqués dans la sensibilisation en faveur de la vaccination, même si l’influence des syndicats reste «modeste» devant celle des spécialistes de santé. A ses yeux, l’autorité sanitaire doit intensifier les campagnes de sensibilisation et cibler les récalcitrants, en faisant parler des spécialistes en la matière». Il dénonce toutefois ceux qui font état d’un manque de coordination entre les deux ministères. «Nous savons tous où se situent les points de vaccination réservés au personnel du secteur. Ajoutons à cela que le vaccin est gratuit dans les pharmacies et même dans les cliniques privées. Prétendre ne pas savoir où se déroule la campagne de vaccination n’est qu’un alibi pour la fuir», clame le porte-parole de l’Unpef.
Contrairement à Zegar, le porte-parole de la Coordination nationale des enseignants contractuels de l’éducation constate «un manque d’engouement pour la vaccination». «Des pans importants de la société rejettent la vaccination par manque de confiance, y compris le personnel de l’Education». Il poursuit que l’obligation vaccinale n’est pas «la solution». «Le personnel acceptera de faire des tests de dépistage Covid-19, mais refusera de se faire vacciner contre son gré».
De son côté, le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE), Ali Benzina, souhaite que les enseignants se dirigent vers les centres de vaccination pour éviter d’enregistrer plus de cas d’infection dans les écoles. «Se faire administrer une dose du vaccin est un moyen de préserver sa santé, celle de son entourage et des élèves». Il pense que le personnel du secteur n’a pas réellement besoin de campagne de sensibilisation, car ce sont des gens instruits, conscients de la dangerosité de la propagation du coronavirus et de la nécessité de se faire vacciner pour atteindre l’immunité collective et préserver des vies.
Ce dernier ne trouve pas d’inconvénient de faire vacciner les enfants de plus de 13 ans. «Le comité scientifique n’a pas officiellement tranché la vaccination des élèves de plus de 13 ans, mais s’il se prononce en faveur de la vaccination des élèves de plus de 13 ans, les parents ne vont pas s’opposer», indique le président de l‘OPNE. Il y a lieu de rappeler qu’une opération de vaccination au profit du personnel éducatif avait débuté le 21 août dernier. Dans le but d’accélérer la cadence de la vaccination, des médecins ont été dépêchés, fin septembre, après consultation du Premier ministère et en coordination avec le ministère de la Santé, vers les établissements scolaires afin de vacciner le personnel éducatif contre la Covid-19. n