De nouveaux ex-hauts responsables viennent allonger la liste de ceux qui sont déjà sous le coup de poursuites judiciaires.

Noureddine Boutarfa, ancien ministre de l’Energie et des Mines, et Abdelmoumen Ould Kaddour, ancien gérant de la société BRC Algérie, sont à leur tour rattrapés par la justice, le premier dans l’affaire SNC Lavalin et le second dans l’affaire Brown Root & Condor (BRC, société algéro-américaine), pour laquelle il avait déjà été jugé et emprisonné en 2007. Leurs dossiers sont transmis à la Cour Suprême.
Dans ces deux affaires distinctes dans lesquelles sont poursuivis ces ex-hauts responsables, un autre nom revient, celui de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, qui est également cité dans l’affaire Sonatrach II et dont le dossier est également transmis à la Cour suprême. C’est le parquet général de la Cour d’Alger qui l’a annoncé, jeudi dernier, en sus d’autres affaires dans lesquelles sont impliquées d’anciens ministres et walis notamment pour corruption.
«Dans l’affaire SNC Lavalin, l’information ouverte a abouti à retenir des charges contre les deux anciens ministres de l’Energie et des Mines, respectivement Mohamed Chakib Khelil et Noureddine Boutarfa», est-il indiqué dans un communiqué du parquet général rendu public. Celui-ci a ajouté que «dans l’affaire BRC, l’enquête a abouti à la mise en évidence de la responsabilité des nommés Mohamed Chakib Khelil, en sa qualité d’ancien ministre de l’Energie et des Mines, et d’Abdelmoumen Ould Kaddour, en tant que gérant de la société BRC Algérie».
«Saisis de ces deux affaires, les juges d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed ont rendu des ordonnances pour incompétence», a fait savoir le parquet général de la Cour d’Alger, faisant savoir que les dossiers ont été transmis au procureur général près la Cour suprême conformément aux dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale.
Pour les affaires de Sonatrach II, l’Algérienne des autoroutes et Batigec, «les instructions judiciaires diligentées ont abouti à retenir des charges à l’encontre d’anciens ministres et walis», est-il indiqué dans le communiqué du parquet général qui affirme rendre publiques ces informations par le souci de «tenir informée l’opinion publique des derniers développements en matière de procédures dans les affaires de corruption». Le nom de Chakib Khelil revient également dans les affaires Sonatrach II et l’Algérienne des autoroutes. Concernant l’affaire Sonatrach II, «l’instruction a donné lieu à retenir des charges contre le nommé Chakib Khelil en sa qualité d’ancien ministre de l’Energie et des Mines». Les charges retenues sont contre lui sont d’avoir «accepté et octroyé des avantages indus», d’avoir «accordé des privilèges injustifiés lors de la signature de contrats et avenants» et «blanchiment d’argent».
Le parquet général d’Alger poursuit que «dans l’affaire de l’Algérienne des autoroutes (ADA), l’instruction a donné lieu à retenir des charges contre Mohamed Bedjaoui, en sa qualité d’ancien ministre des Affaires étrangères, Chakib Khelil, en sa qualité d’ancien ministre de l’Energie et des Mines, et Amar Ghoul en sa qualité d’ancien ministre des Travaux publics». Les charges retenues contre ce dernier sont «l’octroi d’indus avantages» et «versement de pots-de-vin», en plus de «détournement intentionnel et gaspillage de deniers publics» et «conflits d’intérêts». Le dossier de l’ADA, plus connu sous le nom du dossier de de l’Autoroute Est-Ouest, est lui aussi transmis à la Cour suprême.
A propos d’une autre affaire, celle de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), c’est le nom de Abdelmalek Sellal qui revient, mais du temps où il était ministre. En effet, le parquet général de la Cour d’Alger a noté que «l’information judiciaire ouverte dans cette affaire a abouti à mettre en évidence des charges contre les nommés Abdelmalek Sellal en sa qualité d’ancien ministre des Ressources en eau, Fatmi Rachid en sa qualité d’ancien wali de Béjaïa, Hocine Ouadah en sa qualité d’ancien wali de Tizi Ouzou et Nouria Yamina Zerhouni en sa qualité d’ancienne wali de Mostaganem».
L’instruction judiciaire ouverte dans l’affaire de l’entreprise publique Batigec a, elle aussi, mis en évidence l’implication d’un ancien ministre durant les années 2000. Le parquet a précisé que cette instruction a «donné lieu à retenir des charges contre le nommé Hamid Temmar, ancien ministre des Participations et de la Promotion de l’investissement».

Mohamed Hattab sous contrôle judiciaire
Le Conseiller instructeur près la Cour suprême a ordonné «le placement de l’ex-wali de Sidi Bel Abbès, Mohamed Hattab, sous contrôle judiciaire avec retrait de ses passeports et obligation d’émargement une fois par mois devant lui», a-t-on appris dans un communiqué du procureur général près la même Cour. Le mis en cause, poursuivi pour plusieurs délits, a été placé sous contrôle après son audition par le même conseiller instructeur.
«Dans le cadre de l’instruction ouverte au niveau de la Cour suprême, le Conseiller instructeur a auditionné, jeudi 20 février 2020, M. Hattab Mohamed, ex-wali de Sidi Bel Abbès, accusé de plusieurs délits, dont «l’octroi d’indus avantages en violation des dispositions législatives et réglementaires», «dilapidation volontaire de deniers publics», «abus de fonction» et «conflit d’intérêts», est-il précisé dans le même communiqué.

Nouvelle affaire pour Anis Rahmani
Le tribunal de Bir Mourad Raïs (Alger) a ordonné, dans l’après-midi de mercredi dernier, le placement du directeur général du groupe Ennahar Mohamed Mokaddem dit Anis Rahmani en détention provisoire, selon des sources judiciaires citées par l’APS. Anis Rahmani, actuellement en détention à la prison de Koléa, a été présenté devant la justice par les services de sécurité pour outrage à corps constitué et atteinte à la vie privée.
Le juge instructeur près le même tribunal avait ordonné, la semaine dernière, le placement de Mohamed Mokaddem en détention provisoire pour acquisition d’indus avantages et détention de comptes bancaires à l’étranger.