Par Khaled Remouche
Les citoyens sont préoccupés par les pertes successives de leur pouvoir d’achat. Une alimentation de plus en plus chère, des frais pour l’éducation des enfants en forte hausse… en somme, une inflation qui rend la vie difficile à la majorité des ménages.
En cette rentrée sociale, la majorité des ménages sont préoccupés par les dépenses en hausse à la veille de la rentrée scolaire, prévue aujourd’hui mercredi, marquée par une hausse importante du coût des affaires scolaires et la nécessité probable d’acheter deux fois les manuels scolaires pour conserver un lot à l’école afin de répondre à l’obligation d’alléger le poids du cartables, du moins de télécharger les cours à la maison alors que se pose un problème d’accès de la population aux ordinateurs et aux tablettes. Une bonne partie des ménages vont également devoir acheter des vêtements neufs pour leurs enfants. Tout cela se chiffre de 20 000 à 40 000 dinars.
Une véritable saignée quand on sait que la grande majorité des travailleurs perçoit entre 20 000 et 50 000 dinars mensuellement. Le pouvoir d’achat de franges importantes de la population est laminé cette année par une inflation galopante dont l’indicateur est la hausse des prix des produits alimentaires où les protéines animales et les fruits sont devenus hors de portée de bon nombre de ménages. Contacté sur le sujet, Mahrez Ait Belkacem, membre de Care et consultant sur les dossiers socio-économiques, souligne que l’année en cours est marquée par cette tendance inflationniste. Il ajoute que le chef de l’Etat a rassuré les travailleurs en promettant une augmentation des salaires. Le consultant rappelle que cette hausse risque d’être absorbée par l’inflation en raison de problèmes de productivité. Mais la question inquiétante pour la majorité est comment couvrir les dépenses en ce mois de septembre ?
Quant au chômage, il reste élevé en cette rentrée sociale. Le signal sont ces 3 millions de jeunes bénéficiaires de cette allocation. Mais, attention, ce chiffre peut tromper l’observateur de la scène économique et sociale du pays. Combien de jeunes activent dans l’informel et bénéficient de cette allocation, notamment ceux qu’on paie dans les parkings, les vendeurs de fruits et légumes au noir ?
Ce nouveau système n’a pas prévu de mécanisme pour vérifier l’éligibilité des bénéficiaires, souligne le consultant. Mahrez Aït Belkacem rappelle qu’en principe, le bénéficiaire de cette allocation chômage est celui qui est à la recherche d’un emploi. Cette situation crée, en somme, un sentiment d’injustice chez les jeunes qui ne bénéficient pas de cette allocation parce que leur femme travaille. Cette allocation chômage risque d’être une caisse clientéliste, estime-t-il.
Quant à l’économie nationale en cette rentrée sociale, elle est marquée par la morosité, estime le consultant. Elle est caractérisée par la peur de décider en raison d’une atmosphère pénale: des managers risquent la prison en cas de prise de décision jugée par la suite inadéquate, argumente-t-il. Outre cette atmosphère, les opérateurs constatent l’absence de chiffres sur l’évolution de l’économie nationale ou celle de filières, or pour investir, l’opérateur a besoin de données macro-économiques et de données sur le secteur potentiellement concerné par toute décision d’investissement.
En l’absence de visibilité et de message officiel rassurants, les opérateurs hésitent à investir. Beaucoup d’entreprises dans cette conjoncture ne veulent, en outre, pas recruter, d’autres compressent… n