Après les alertes répétitives contre «le salafisme radical» et «le communautarisme» qui menacent « l’unité » de la société algérienne, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs Mohamed Aïssa

a fait savoir, jeudi dernier, qu’une commission chargée de la reformulation des programmes d’enseignement du Coran pour les différents cycles a été mise en place. Présentant un rapport sur son secteur devant la Commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses du Parlement, M. Aïssa a expliqué que l’objectif derrière la mise en place de ladite commission est « d’unifier toutes les écoles coraniques et contrecarrer les idéologies étrangères ». Ce dernier a, à maintes reprises, rappelé que les Algériens « n’ont nullement besoin d’importer des idées diffusées par un courant étranger pour apprendre à être sunnites ».
Le ministre a précisé les efforts de l’Algérie en la matière (enseignement) qui ont donné d’excellents résultats, rappelant à cet égard que ses compatriotes occupent les premières places dans les compétitions internationales d’apprentissage et de récitation du Coran.
Par ailleurs, Mohamed Aïssa a annoncé que les mosquées de la République seront renforcées avant la fin de l’année en cours par 2 000 imams. Cela entre dans le cadre du programme de formation des imams, des cadres et des différents fonctionnaires du secteur. S’agissant de la corporation des imams qui réclame la promulgation «urgente» d’une loi consacrant «l’immunité» des imams et assistants pour endiguer la vague d’agressions dont ils sont la cible, suite à la montée des courants intégristes dans les mosquées, M. Aïssa a indiqué que plusieurs clauses et dispositions relatives à la protection de l’imam ont été incluses dans le code pénal devant être présenté par le ministère de la Justice au Parlement.
Dans le cadre de la promotion des valeurs de la réconciliation nationale, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs a rappelé que la béatification des moines assassinés à Tibhirine ainsi que l’hommage spécial pour les 114 imams assassinés par les terroristes se feront au début du mois de décembre prochain. Il a, sur un autre volet, annoncé l’entrée en vigueur prochaine d’un cahier des charges fixant les conditions de réalisation des mosquées, en sus d’un cahier des prescriptions techniques dont l’élaboration a été confiée à un bureau d’études spécialisé. Mohamed Aïssa a également fait état de
230 000 livres de Coran distribués gratuitement aux mosquées et zaouïas, ajoutant que d’autres quotas ont été dédiés à des pays africains et à la Russie en coordination avec les services du ministère des Affaires étrangères.
S’agissant de la Grande Mosquée d’Alger, le ministre a annoncé qu’elle sera réceptionnée avant fin 2018, précisant à ce titre que la date de son inauguration sera fixée par le président de la République Abdelaziz Bouteflika. Pour ce qui est des biens Wakfs, plusieurs mesures ont été prises, notamment l’actualisation de la législation régissant l’investissement dans ce genre de biens, l’exploitation du foncier relevant du domaine wakfs, la recherche de nouvelles sources de financement et le partenariat avec les investisseurs privés algériens et étrangers pour une meilleure rentabilité économique. Dans ce contexte, M. Aïssa a rappelé la promulgation d’un décret en août 2018, fixant les conditions d’exploitation des fonciers destinés à l’investissement donnant lieu à plusieurs projets financés par le fonds national des wakfs, à l’image des complexes relevant des biens wakfs à Médéa et Ghardaïa. Il a annoncé, dans ce sens, que la liste des assiettes foncières retenues pour l’exploitation et à l’investissement sera fixée avant la fin de l’année dans le cadre d’un nouveau décret.