Le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs est sortie de sa réserve pour démentir les informations donnant pour imminente la réouverture des mosquées.

«L’information ayant circulé sur la réouverture des mosquées est fausse», a d’entrée lancé M’hamed Chikh, chef de Cabinet au ministère, arguant que «cette question n’a aucunement été abordée par notre département jusqu’à l’heure actuelle». Dans ce cadre, le chef de Cabinet ne manque pas de préciser que «même si cette question devait être discutée, elle le sera dans le cadre de mesures sanitaires en rapport avec le dispositif de lutte contre le coronavirus». «Notre ministère à l’instar de l’ensemble des administrations est soumis aux mesures de confinement», a-t-il précisé à cet égard.
Pour rappel, le gouvernement a décidé le 17 mars dernier de suspendre les prières dans les mosquées comme mesure préventive contre la pandémie qui touche tout autant notre pays. Cette décision saluée par beaucoup a été néanmoins critiquée par beaucoup de fidèles, habitués à emprunter quotidiennement le chemin de la mosquée. En effet, ces derniers, face auxquels les portes de la mosquée étaient fermées, faisaient la prière en groupe à proximité. Ce qui a incité les pouvoir publics à interdire les attroupements et regroupements des personnes à proximité de ces lieux de culte étant entendu que beaucoup sont des personnes âgées, vulnérables de surcroît et exposées au coronavirus qui insistaient pour faire la prière à l’extérieur. De même que le mueddin répétait inlassablement, lors de son appel à la prière, que cette dernière devait s’effectuer à la maison pour dissuader les plus récalcitrants de s’y rendre. Mais, justement, depuis l’allègement récent du confinement et l’ouverture de certaines activités commerciales des rumeurs avaient circulé sur une réouverture des mosquées aux fidèles à l’occasion du mois de Ramadhan, très vites recadrées par l’intervention du ministère des affaires religieuses. Par ailleurs, la commission ministérielle des fetwa s’est réunie, hier, pour évoquer la zakat de l’Aïd. Selon elle, la tradition est que zakat al-fitr est octroyée aux nécessiteux le jour de l’Aïd, au plus tard avant la prière, et peut l’être un ou deux jours avant. Mais, hier, la commission a fait exception en annonçant que qu’elle peut être donnée dès le début du Ramadhan (voir encadré). Son argument est que la situation de confinement actuel et la peur du coronavirus fait que beaucoup de salariés se sont abstenu d’aller travailler d’où leur besoin d’argent. «La zakat c’est une aide et peut donc être anticipée en fonction de la situation sociale des personnes», nous explique un responsable proche du dossier, précisant que «c’est pour aider les personnes nécessiteuses et sans emploi durant cette situation économique des plus difficiles».