Des membres de la Coordination nationale des imams et fonctionnaires des affaires religieuses et des wakfs se sont rassemblés hier à Blida.

Leur manifestation était destinée à rappeler leurs revendications socioprofessionnelles, à l’ordre du jour depuis la création de leur structure syndicale, affiliée à la centrale UGTA. Depuis 2013, a expliqué son leader et secrétaire général, l’imam Djelloul Hadjimi, la coordination a présenté une plateforme appelant, entre autres, à la mise en place d’une «loi d’orientation pour le secteur, la révision du statut particulier, l’instauration d’un régime de primes et d’indemnités relatives à la disponibilité, au risque et au rendement» des imams dans l’exercice de leur fonction. Il est question également d’une demande de relèvement des salaires.
Pour M. Hadjimi, le sit-in observé hier à Blida était une initiative «pacifique et sans polémique aucune» destinée à rappeler au ministère des Affaires religieuses, leur tutelle, que leurs revendications sont restées «lettre morte» depuis cinq ans et qu’«il n’est pas normal qu’au bout de tout ce temps» ces hommes de religion restent «sans réponse ni indications sérieuses». «Nos revendications sont justes et légitimes. Nous continuerons à les défendre», a ajouté l’imam et figure de proue de la coordination. «Aussi bien l’ancien ministre Bouabdallah Ghalamallah que l’actuel responsable du secteur, M. Mohamed Aïssa, nous ont promis ? après plusieurs rencontres et réunions, leur soutien dans la prise en charge de notre dossier, mais nous n’avons constaté aucune évolution depuis 2013», a poursuivi M. Hadjimi. «Bien que le ministre se soit montré compréhensif et à l’écoute de nos doléances et revendications, la situation des imams est toujours la même», a-t-il encore déploré.
Pour rappel, le syndicalisme chez les imams de la République – un fait inédit jusqu’en 2013 – s’est caractérisé par l’émergence de deux structures, la Coordination, parrainée par l’UGTA, et le Conseil national autonome des imams, présidé par l’imam Djamel Ghoul, mais dont l’audience semble assez faible. Il vient d’être considéré comme «non représentatif» par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale et n’est plus en situation d’animer des manifestations publiques. «Nous sommes un syndicat représentatif et qui jouit de la légitimité nécessaire. Nous allons œuvrer pacifiquement et avec civisme à ce que la tutelle nous prenne davantage en considération et qu’elle prenne au sérieux nos revendications », a déclaré, pour sa part, le secrétaire général de la coordination Djelloul Hadjimi. Dans une déclaration à la chaîne de télévision privée Ennahar, le ministre des Affaires religieuses a fait une déclaration selon laquelle il comprend les motivations sociales des imams. M. Mohamed Aïssa s’est pourtant montré agacé par le rassemblement de Blida et a déclaré qu’il allait «transmettre une lettre au secrétaire général de l’UGTA pour lui rappeler que les imams sont tenus au respect de la particularité de leur statut et de leur profession». En décrypté, le ministre ne semble pas vouloir voir les imams protester dans la rue.