La Coordination nationale des imams et des fonctionnaires du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs monte au créneau et brandit de nouveau la menace de radicaliser son mouvement de protestation contre la tutelle. En effet, le coordinateur de ce syndicat, Djeloul Hadjimi, contacté par Reporters, accuse ouvertement la tutelle de « d’empêcher l’ouverture d’une enquête sur la corruption dans le secteur». Le même coordinateur déplore également des agissements de la part de la tutelle afin « d’entraver le travail syndical de ladite coordination ». M. Hadjimi ne va pas avec le dos de la cuillère pour fustiger la gestion qu’il qualifie de « calamiteuse » du secteur et les dépassements enregistrés ces derniers mois. La Coordination souligne à cet effet avoir adressé une lettre au Président de la République, au lendemain de son investiture, dans laquelle elle l’invite à « ouvrir » une enquête sur la corruption dans le secteur des Affaires religieuses. « Ceux qui craignent les résultats de l’enquête, qui serait en cours, tentent de m’évincer du poste de responsable du syndicat », ajoute M. Hadjimi sur fond d’accusation à l’égard des parties qui « œuvrent à l’évincer de son poste à la tête du syndicat ». Le ministère, selon notre interlocuteur, aurait « instrumentalisé » certains bureaux de wilaya du syndicat afin de provoquer le retrait de confiance du coordinateur du syndicat. Ce dernier pointe ainsi certains bureaux, à l’image de ceux de Aïn Tmouchent, Ghardaïa ou Médéa, alors que leur activité était gelée. Autrement, « ils sont dans l’incapacité de déclarer quoi que ce soit à mon encontre », se défend, furieux, M. Hadjimi.
Ce dernier rappelle, par ailleurs, qu’il a eu récemment une rencontre de conciliation avec le ministère de tutelle, mais qu’elle « est restée sans suite ». « Nous avons discuté avec la tutelle des problèmes socioprofessionnels qui impactent le cadre de vie et le travail de l’imam, mais la tutelle a manqué de volonté pour répondre à nos doléances », fait-il remarquer. « Ce mutisme de la tutelle nous incite à brandir la menace d’opter pour des sit-in et marches pour faire valoir nos revendications », ajoute le coordinateur du syndicat.
Ce dernier précise que les revendications de la corporation des imams ne se limitent pas aux salaires mais sont également liées « au cadre de travail de l’imam et aux moyens matériels mobilisés pour lui permettre d’accomplir au mieux sa mission ». La corporation des imams revendique également la révision du statut particulier de l’imam, la dépénalisation du travail de l’imam et l’ouverture d’une formation continue dans les universités et l’application du principe d’égalité des chances. Le syndicat demande aussi l’élaboration d’un texte de loi criminalisant les atteintes à l’intégrité physique des imams, notamment après les violences répétées de groupes radicaux qui remettent en cause les références religieuses du pays ».<