L’ouverture du nouveau procès en appel des deux anciens ministres de la Solidarité et de la Famille Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat a été reportée hier par les juges de la 10e Chambre de la Cour de justice d’Alger.

Par Nadir Kadi
La réouverture du dossier ayant abouti à des peines allant jusqu’à 8 ans de prison, avait, pour rappel, été décidée suite à l’avis favorable de la Cour suprême au pourvoi en cassation des accusés. La nouvelle date de l’audience d’ouverture a, par ailleurs, été fixée hier au 19 avril prochain. Les dossiers Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat mettent, pour rappel, en avant des accusations liées à la corruption et plus précisément des faits de «dilapidation de deniers publics», «détournement de deniers publics» ou encore «abus de fonction» dont se serait rendu coupable l’ex-ministre Djamel Ould Abbès, en poste entre 1999 et 2010 puis, son successeur, Saïd Barkat, à la tête du ministère de la Solidarité, entre 2010 et 2012. Le précédent procès en appel de cette «affaire», jugé au niveau de la Cour d’Alger entre les 6 et 13 décembre 2020, avait toutefois abouti à la confirmation des principales peines prononcées en première instance par le Tribunal de Sidi M’hamed. Ainsi, et alors que les débats avaient démontré une certaine «opacité» dans la gestion du ministère de de la Solidarité, mais aussi des financements abusifs d’associations caritatives estimés à 1 857 milliards de centimes de subvention à quatre associations «proches» des ex-ministres, et dont certaines étaient, selon le procureur, «présidées par Djamel Ould Abbès lui-même», les juges avaient en ce sens prononcé, le 13 décembre 2020, «8 ans de prison ferme» contre Djamel Ould Abbès et «4 ans fermes» pour Saïd Barkat, en plus d’amendes d’un million de dinars pour chacun des ex-responsables. Par ailleurs, l’» affaire» Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, mettant sur les bancs des accusés de hauts responsables de la présidence Bouteflika, avait également laissé imaginer l’existence de véritables réseaux de corruption entre pouvoir politique, institutions et certaines associations. Ce fut notamment le cas lors de l’évocation de la gestion du ministère d’un dossier d’acquisition et de distribution d’autobus. Le procureur faisant savoir que «l’enquête a prouvé que les associations n’étaient que des intermédiaires, un moyen d’échapper à la loi des marchés publics». Des accusations que les principaux accusés avaient rejetées, l’ex-ministre Saïd Barkat affirmant entre autres avoir uniquement «continué» le travail de son prédécesseur : «A mon arrivée au ministère, j’ai trouvé des associations qui travaillaient comme intermédiaires, j’estimais alors qu’elles étaient là pour aider et renforcer l’esprit de solidarité et le travail envers les personnes dans le besoin. «Par ailleurs, et dans de toutes les autres affaires, on apprenait également hier que la 10e chambre de la Cour de justice d’Alger a reporté les jugements en appel des dossiers de l’ancien parlementaire Baha Eddine Tliba et de l’ex-ministre Chakib Khelil. La première affaire, a été fixée au 19 avril prochain ; le dossier qui cité également parmi les accusés l’un des fils de Djamel Ould Abbès, devra revenir sur le scandale de corruption lors de la constitution des listes électorales aux législatives durant la présidence Bouteflika. Quant à l’affaire de l’ex-ministre Chakib Khelil, fixée au 10 mai prochain, elle cite également les ex-directeurs de la Sonatrach Mohamed Meziane et Abdelhafid Feghouli. Le fond du dossier concerne pour rappel le contrat de réalisation d’un terminal gazier à Arzew, ainsi que la légalité des clauses du partenariat entre la Sonatrach et la filiale algérienne de la compagnie italienne Saipem. n