A la quatrième journée du procès en appel du dossier du montage automobile et du financement de la campagne électorale, l’ombre de Abdelaziz Bouteflika et de Abdeslam Bouchouareb ont lourdement plané sur l’audience. En effet, les témoins de la partie civile appelés à la barre ont évoqué la responsabilité tant de l’ex-président de la République que de son ministre de l’Industrie,
Abdeslam Bouchouareb, en fuite actuellement à l’étranger. Bouchouareb a été, en effet, accusé par les intervenants d’avoir fait subir aux hommes d’affaires un chantage» pour «accepter leurs dossiers». «Bouchouareb avait exigé la somme de 15 milliards pour l’approbation de nos projets», a lancé Aïchabou Abderrahmane, cessionnaire automobile, avant de préciser : «Il faut savoir que Bouchouareb se comportait en maître des lieux et Abdelmalek Sellal, l’ancien Premier ministre, nous a fait savoir qu’il ne pouvait rien contre lui, le ministère de l’Industrie était alors comparable à un nid de scorpions. C’était anormal comme situation». Sellal a enfoncé le clou en lançant à ce sujet : «Il était inutile que je m’en plaigne, je savais qu’ils n’agiraient pas contre lui.» Dans la foulée, Achaïbou s’en est donné à cœur joie pour mieux évoquer l’injustice dont il avait fait l’objet par rapport à ses projets : «Je travaille dans le secteur depuis plus de 40 ans et ils ont gelé mes entreprises d’importation automobile et mes entreprises de montage. Sellal a reconnu lui-même être dans l’incapacité d’intervenir sur Bouchouareb en me disant “Allah Ghaleb”».
Intervenant de son côté en tant que témoin, Omar Rebrab a dénoncé le fait qu’«ils nous ont privé de la marque Hyundai», avant d’appeler à la restitution de la marque au groupe. Dans ce cadre, il n’a pas manqué d’apporter un témoignage accablant en expliquant : «Nous nous sommes rendus plusieurs fois au ministère et à plusieurs reprises ils nous ont mis à la porte.» Visiblement très remonté, Omar Rebrab n’a pas manqué de souligner : «Pourtant j’étais celui qui payait le plus d’impôts.» Intervenant de son côté, Me Bourayou, avocat de Amine Attou, a soutenu que «mon client a réuni toutes les conditions requises dans son dossier pour la concession, mais, il a été évincé». Ce n’est pas normal que l’administration du ministère ait agi de la sorte avec des personnes désireuses de travailler», a-t-il lancé. Par ailleurs, des appels à la comparution de l’ex-président de la République ont été lancés par les deux Premiers ministres, condamnés à quinze ans de prison pour Ouyahia et douze ans pour Sellal par le tribunal de Sidi M’hamed. La stratégie de défense des accusés intervient au moment où plusieurs personnalités politiques estiment nécessaire le jugement de l’ancien chef de l’Etat. Mais beaucoup doutent de la possibilité de sa comparution devant le juge. «Beaucoup ont appelé à sa comparution, mais personne ne peut jurer de le voir un jour face au juge», a expliqué un avocat de la défense.